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Quatre années à peine ont passé depuis l’élection de Nicolas Sarkozy le 6 mai 2007 et pourtant ce mandat semble jusqu’à présent être aussi long et épuisant qu’un septennat. Quatre ans plus tôt, le nouveau président fraîchement élu arborait fièrement les couleurs de la diversité et de l’ouverture lors de la présentation de son gouvernement. D’un Bernard Kouchner à une Rama Yade en passant par un Martin Hirsch et une Fadela Amara, Nicolas Sarkozy affichait en grandes pompes sa fameuse « rupture » qu’il n’avait cessée de clamer tout au long de la campagne présidentielle. Las, le mini-remaniement annoncé dimanche dernier est à plus d’un titre révélateur de la faillite morale et politique de son gouvernement. Composée dans l’urgence, suite aux errements diplomatiques de Michèle Alliot-Marie, cette réorganisation tactique a également fait une autre victime en la personne de Brice Hortefeux, condamné deux fois en moins de six mois pour « injure non publique envers un groupe de personnes à raison de leur origine » et pour « atteinte à la présomption d’innocence ».

Dans la perspective de 2012, l’heure n’est donc plus à l’expérimentation et les nouvelles recrues ont pour principale mission de rassurer l’électorat traditionnel de la droite, en perte totale de repères au cours de ce quinquennat. Voici donc le énième retour au gouvernement d’Alain Juppé, 65 ans, ancien premier ministre de 1995 à 1997, condamné en 2004 à dix-huit mois de prison avec sursis et à un an d’inéligibilité dans l’affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris. A ses côtés, on retrouve notamment Gérard Longuet, 65 ans également, ministre sous la première cohabitation de 1986 à 1988, membre de mouvement d’extrême-droite dans les années soixante, souvent mis en cause dans des financements occultes de partis politiques et qui s’est récemment fait remarquer en estimant au mois de mai 2010 qu’il valait mieux que le président de la Halde (Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité) « provienne de corps français traditionnel » (sic). Le message envoyé est on ne peut plus clair : on va faire du vieux avec du vieux. C’est un retour aux fondamentaux qui s’inscrit dans une logique de premier tour d’élection : ne plus faire de vagues et rassembler au maximum son camp.

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