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La déroute de l’UMP dimanche dernier lors du premier tour des élections cantonales a provoqué une véritable cacophonie à droite sur l’attitude à adopter vis-à-vis du Front National. Alors que Jean-François Copé, secrétaire général du parti, puis Nicolas Sarkozy, aient mis en avant la posture du « ni-ni » en cas d’affrontements au second tour entre le Parti Socialiste et le Front National, le Premier ministre François Fillon a contredit le locataire de l’Elysée en appelant à voter contre le FN. C’est donc à une authentique fracture à laquelle nous assistons au sommet de l’État, fracture qui en dit long sur les relations plus que tendues entre les deux hommes. On voit ainsi se dessiner une ligne de rupture au sein de l’UMP et ces élections cantonales, habituellement anodines en terme de conséquences politiques, pourraient bien avoir des répercussions à moyen terme en vue de la campagne présidentielle de 2012.

 

Il faut dire que la tentation a toujours été grande pour une certaine droite de venir s’acoquiner avec le parti frontiste. On se rappelle que lors des élections régionales de 1998, quatre présidents de conseils régionaux avaient été élus grâce aux voix du Front National. Ce fut notamment le cas en Rhône-Alpes avec Charles Millon. On pensait alors cette époque révolue mais plusieurs enquêtes menées en début d’année indiquent que près d’un tiers des sympathisants UMP se déclarent en accord avec les idées du FN. Encore plus flagrant, environ 40% d’entre eux se disent favorables à une alliance de leur parti avec celui de Marine Le Pen au niveau national. Dans ce contexte, on comprend mieux la prise de position de Jean-François Copé. Cette opposition entre François Fillon et Nicolas Sarkozy sur ce sujet est en définitive un affrontement idéologique de la droite : le Premier ministre se trouve dans la ligne droite du gaullisme, où le respect absolu des valeurs républicaines ne saurait être remis en cause par des minables calculs électoraux ; quant au Président, il est particulièrement animé par un néo-libéralisme, réactionnaire mais surtout pragmatique. Il ira chercher les électeurs là où ils se trouvent. En 2007, il avait siphonné les voix du FN en adoptant une posture populo-patriotique (création du ministère de l’Identité nationale). Pour 2012, la donne est différente : les déçus du sarkozysme sont nombreux à revenir dans le giron du parti d’extrême-droite. Dans le même temps, Marine Le Pen a réussi à se donner une image respectable. Donc présentable. Et par-là même fréquentable. Elle ne pourra certes jamais gagner une élection présidentielle. Mais avec son potentiel de 15% des voix, elle peut sans aucun doute faire perdre Nicolas Sarkozy. L’actuel président le sait pertinemment, par conséquent la probabilité d’une alliance FN/UMP et celle de voir Marine Le Pen ministre de l’Intérieur sous le deuxième mandat Sarkozy ne relèvent désormais plus de la science-fiction...

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