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En 2009, Martin Hirsch créait le RSA, en remplacement du RMI. Dans un article de Libération de ce mois-ci, il raconte le débat qu'il a eu récemment avec une chercheuse du CNRS sur un éventuel retour au RMI. Martin Hirsch défend le RSA en tant que prestation incitatrice à l'activité salariale : le RMI encourageait davantage à l'assistanat. Il ne trouve pas normal qu'une personne puisse gagner autant au RMI qu'en exerçant un emploi 10h par semaine, comme ce serait par exemple le cas des employées de cantine. Ce à quoi la chercheuse aurait répondu : «Vous raisonnez comme ma concierge !».

 

On peut s'interroger sur le niveau de réflexion que l'on attribue à une concierge aujourd'hui. Mais avant tout, cette anecdote pose le débat sur la portée et l'image du RSA.

Le problème du non-recours

En effet, depuis sa création, le RSA suscite de nombreuses réactions. Selon le rapport de 2010 sur la pauvreté, 2,1 millions de personnes vivaient avec moins de 642 euros par mois. Une explication de ce niveau si élevé de pauvreté réside dans le fait que les personnes les plus modestes ne recourent pas toujours aux aides auxquelles elles ont droit. 1,7 million de personnes qui pourraient prétendre au RSA socle (relais du RMI) ou au RSA activité (pour les personnes aux faibles revenus) ne le demandent pas. Au total, le taux de non-recours atteint 50 %.

L'image du bénéficiaire de minima sociaux

De plus, l'image du bénéficiaire du RSA n'est pas plus valorisante que celle du bénéficiaire du RMI. Le RSA sous-tend l'idée de complément de revenu et quand on est éloigné de l'emploi pour diverses raisons sociales, psychologique ou de santé, cette aide peut paraître aussi illégitime voire culpabilisante que le RMI. Ne pas travailler, pour des raisons personnelles ou en raison d'un marché de l'emploi dégradé, reste peu acceptable pour le non-travailleur et pour l'opinion publique.

Inactivité et précarité de l'emploi

Enfin, M. Hirsch, par le RSA activité, cherche à pallier à la "trappe à inactivité". Cette notion définit le fait que les prestations sociales peuvent ne pas inciter une personne sans emploi à en trouver un, en raison d'un écart inexistant, insuffisant ou même défavorable entre revenus d'inactivité et revenus d'activité. Mais, à l'inverse, le RSA est vecteur de précarité de l'emploi. Un salarié peut plus facilement accepter un emploi peu gratifiant ou mal rémunéré car il sait que le RSA complétera ses revenus.

Le RSA a ses qualités et ses défauts, le RMI en avait sans doute aussi. Toujours est-il que le RSA n'apporte pas une aide financière suffisante aux personnes démunies. C'est pourquoi le gouvernement de Jean-Marc Ayrault s'est engagé à une revalorisation progressive de 10% du RSA socle et à une fusion du RSA activité avec la prime pour l'emploi. C'est déjà ça !

(voir aussi l'article du 4 février 2013 sur le "super-RSA" de Martin Hirsch)

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