Vaste population composée de groupes culturels hétérogènes, les tsiganes fascinent et intriguent, mais que sait-on réellement d'eux ? Réponses au Musée Dauphinois jusqu'au 16 mai 2016.

Six siècles de présence en Isère

L'exposition Tsiganes, la vie de bohème ? nous propose de faire connaissance avec la plus dispersée des minorités d'Europe, les Gitans, les Manouches, les Yéniches, les Sintis, les Bohémiens, les gens du voyage et bien d'autres dénominations au fil des époques selon leurs origines et les pays.

D'abord bien accueillies, ces communautés se sont intégrées facilement et ont bénéficié de l’hospitalité générale. En Isère, un document exposé atteste d'ailleurs de leur arrivée dès 1419. Puis, dans la deuxième moitié du XVIIe siècle, la condamnation du vagabondage et la réprobation de la mendicité les ont soumis aux exigences de domiciliation et au contrôle. Dès lors, elles suscitent la méfiance et sont confondues avec les « errants et vagabonds ».

Elles représentent aujourd’hui près de onze millions de personnes en Europe. Leur point commun au dire de tous ? Une attirance marquée pour le voyage, et plus particulièrement pour la vie de bohème et l'insouciance d’une vie facile sans attache ni contraintes. Préjugés ou réalité ?

Entre rejet et fascination

En mettant en scène de manière ludique, l'histoire de ces guérisseurs un peu sorciers l’exposition pointe une réalité toute différente : près de 80 % de cette population est désormais sédentarisée.

Vidéos, roulottes illuminées, quiz muraux, documents, objets d'époque et extraits de journaux montrent tour à tour le folklore, les images d’Épinal mais aussi et surtout les brimades et les persécutions. D'abord soumis à une campagne de stérilisation, 250 000 personnes seront exterminées dans les camps d’internement nazis pendant la Seconde Guerre mondiale. À ce propos, le Musée de la Résistance et de la Déportation de l'Isère présente jusqu'au 16 mai 2016 l'exposition Un camp pour les Tsiganes. Saliers,1942-1944 afin d'approfondir le sujet.

20151103 expo tsiganesAu fil des salles, le savoir-faire et les métiers tsiganes s'exposent ainsi que leur art, leur religion, leur goût pour la musique et pour la fête en général. La mise en valeur de leur diversité culturelle montre une vision inhabituelle et souligne leur profond attachement aux liens familiaux et communautaires. Pour preuve, la galerie de portraits de familles roms isèroises du photographe Pablo Chignard exposée en fin de parcours, dans la dernière salle, montre vie quotidienne et les solidarités de tous ses membres.

En préparation depuis près de deux ans, cette exposition contredit les stéréotypes et donne à réfléchir sur l'intégration des roms et sur le démantèlements des camps de l'agglomération.

 Tsiganes, la vie de bohème ?
Six siècles de présence en Isère
Jusqu'au 9 janvier 2017

Musée Dauphinois
30 rue Maurice Gignoux Grenoble
Site internet

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