Des frais bancaires trop élevés, un chéquier refusé, des crédits à taux prohibitifs : voilà le quotidien de plus de cinq millions de Français. Pas forcément surendettés, mais rencontrant des difficultés financières, ils voient leur situation aggravée par des banques peu soucieuses d’aider leurs clients précaires ou fragilisés. Un état de fait que trois associations (La Croix Rouge Française, le Secours catholique et l’Union nationale des centres communaux d’action sociale) ont décidé de dénoncer via un manifeste rédigé en décembre 2011.

La logique de l’exclusion

La progression annuelle du nombre de ménages surendettés (+ 6,6 % en 2011) entraîne dans son sillage une augmentation notable des exclus bancaires. Selon les associations signataires de ce manifeste, les gênes occasionnées par cette réduction des droits bancaires ont des conséquences énormes sur la vie sociale d’un ménage. Pire, cela pourrait conduire à une situation de surendettement. La population concernée ? Les précaires qui doivent se contenter, d’un CDD, de petits boulots en intérim, d’une petite retraite, d’allocations chômage ou d’un RSA… Mais aussi une classe moyenne de plus en plus fragilisée et pour qui un accident de la vie (divorce, maladie, perte d’emploi, etc.) peut avoir des conséquences économiques importantes. Pour tous ceux-là, un découvert dépassé, un prélèvement refusé ou un chèque rejeté et c’est le début d’une mise au ban : frais bancaires exorbitants, plus d’accès aux crédits « normaux », plus de chéquier… Les moindres achats, l’accès au logement,le paiement de loyer ou de charges deviennent alors un véritable casse-tête, voire un parcours du combattant.Comme si une double peine devait obligatoirement châtier la pauvreté,la précarité ou même la fragilité passagère.

Plate-forme d’accueil

Pour lutter contre cette exclusion bancaire ce document, dont la dénomination exacte est « Manifeste pour l’inclusion bancaire des populations fragiles », préconise une charte éthique pour inciter les banques à une meilleure prise en compte de leurs clients en difficulté. Seule la Banque Postale a répondu favorablement à cette initiative, tandis que la Fédération bancaire française expliquait que les banques avaient déjà entrepris diverses démarches, remettant ainsi en cause la pertinence d’un tel projet. Celui-ci évoque la nécessité d’un accompagnement pour conserver ses droits bancaires, se basant sur une expérience menée par le CCAS de Grenoble. Il s’agit d’une plate-forme téléphonique accessible gratuitement ayant pour vocation d’aider les gens à faire le point sur leur situation financière et à les diriger vers les services les mieux appropriés pour trouver une solution.Un poste d’écoute que le vice-président du CCAS, Olivier Noblecourt estime indispensable : « Les gens qui rencontrent des problèmes financiers ont du mal à aborder ce sujet, encore moins avec leur banquier. Celui-ci ne peut avoir un rôle de médiateur bienveillant ».


Cette solution répond d’autant plus au manifeste contre l’exclusion bancaire qu’elle vise à atteindre une population qui n’a pas l’habitude de fréquenter des services sociaux, soit par méconnaissance, soit par sentiment de honte. L’objectif est de faire un diagnostic pour y voir plus clair et de proposer une aide pour retrouver des droits perdus ou oubliés : une solution contre l’exclusion bancaire et pour prendre à temps des situations délicates. Ici, il est question d’accompagnement et d’aide. Une expérience appelée à être généralisée dans tous les CCAS ?

 

Plate-forme budget du centre communal d’action sociale (CCAS) de Grenoble : 04 76 69 45 94 / 9h-12h - 14h-17h

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