S’il est un domaine qui demeure tabou en France, c’est bien celui de l’argent. Ceux qui en gagnent beaucoup ressentent le plus souvent une gêne lorsqu’on évoque le sujet ; a contrario, les personnes à faibles revenus ont la plupart du temps honte d’avouer en société leur situation précaire, liant le manque d’argent à un échec social. Cet état d’esprit, cette distanciation hypocrite est assez typique de la mentalité hexagonale.

Or, en définitive, l’argent n’est juste qu’une réalité économique et rien d’autre. On ne mesure pas la réussite d’une vie à la valeur d’un bulletin de paie. À l’inverse, l’expression d’un désir pour un certain confort matériel n’est nullement scandaleux d’un point de vue moral. Concrètement, l’argent est une donnée de l’existence et l’aliénation ou le malaise qu’il provoque est le résultat d’une conception propre à chacun. L’argent n’est pas un problème en soi. Mais il n’en constitue pas moins un objet de débat, comme ce sera le cas dans ce numéro. En cette période de crise économique et financière, la question se pose : faut-il faire payer les plus riches ? Les heures de l’Impôt de solidarité sur la fortune (ISF) sont pourtant comptées car la réalité fiscale est bien plus complexe qu’il n’y paraît. Noël est une réalité beaucoup plus simple à comprendre : en cette période de fête, les achats de cadeaux sont légion et, à ce titre, on peut légitimement s’interroger sur cette orgie de consommation. À cette époque de l’année, attention à l’indigestion.

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