Inénarrable sujet de discussion et de polémique à chaque élection présidentielle, la question des parrainages revient inlassablement sur le tapis au fur et à mesure que se rapproche la date fatidique du dépôt des candidatures. Entre les pleurnicheries du Front national et les jérémiades des petits (voire microscopiques) candidats, ce concept ne serait-il pas au final une merveilleuse idée ?

500. Il en faut 500. Cinq cents petites signatures, et vous avez le sésame précieux, l’honneur absolu de vous présenter à la plus prestigieuse des élections hexagonales. Non, celles de vos enfants ne comptent pas. De même, celles de vos amis facebook ne seront sans doute pas validées. Pas plus que celles de vos followers de Twitter. Ne rêvez pas. Elles doivent provenir de personnes bien particulières, qui ont su traverser les océans du temps et résister à toutes les tempêtes divines pour arriver là où elles en sont. Ces personnes-là, ce sont des élus. Ils ont été choisis par la volonté du peuple et ils n’en sortiront que par la force des baïonnettes. Les élus. Ils sont si nombreux. Ils sont tellement 47 000. Nous avons des députés, des sénateurs, des parlementaires européens, des conseillers généraux, des conseillers régionaux. En veux-tu, en voilà. Mais le plus gros de la troupe est constitué de ces 36 000 maires qui peuplent allègrement le territoire administratif de notre si belle France. C’est donc en priorité vers ces valeureux représentants communaux que les candidats à l’élection présidentielle se tournent pour obtenir ces fameux parrainages. Cela pourrait apparaître simple de prime abord. Le ratio de 500 sur 47 000 étant à juste titre ridiculement faible. A la portée de n’importe quel pékin ! C’est pourquoi, dans un souci d’apporter un peu de piment dans cette course de longue haleine, il a été décidé que ces signatures devaient provenir d’au moins 30 départements, avec une limite de 50 signatures par département. Après de savants calculs qui ont nécessité pas moins d’une centaine d’ordinateurs de la NASA, on se retrouverait avec ainsi un maximum de 80 candidats au total.

Bien sûr, ce cas de figure ne s’est jamais produit. Heureusement pour nous. Ce système de parrainages possède donc une vertu essentielle à tout bon fonctionnement d’une démocratie représentative : il filtre. Et évite le plus souvent les candidatures farfelues et extrémistes. Il faut bien souligner une chose, avoir une opinion n’est pas une condition suffisante pour se présenter devant les électeurs. Il existe des blogs pour ça. Si vous n’arrivez même pas à convaincre 500 personnes de vous soutenir, vous pouvez vous interroger sur vos talents de femme ou d'homme politique. En 2002, 16 candidats avaient pu réunir un nombre suffisant de signatures. Un record. Il y en avait pour tous les goûts et pour toutes les tendances. Résultat, une abstention historique (plus de 28 %) et un candidat d'extrême-droite au second tour. La liberté d’expression est fondamentale. Le souci de sa représentativité ne l’est pas moins.

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