David Laumet œuvre depuis des années contre le « sans abrisme » et préfère les actes aux belles paroles. Portrait d'un travailleur social déterminé à faire valoir les droits des exclus.

Un parcours ancré dans le social

À 43 ans, David Laumet a un parcours qui plaide en sa faveur. Tout d'abord animateur socio-culturel puis assistant social, notamment à l'UMIJ (Conseil Habitat Jeune), il travaille ensuite au service « L'appart », un lieu d'accueil et d'accompagnement pour personnes en situation ou en risques de prostitution.
Puis, il devient responsable au CHRS (Centre d'Hébergement et de Réinsertion Sociale) de stabilisation « La Place ».

Après la fermeture de la structure en 2011 , il reprend les études et passe un Master en Sciences Politiques. C'est à cette période qu'il rejoint l' Odenore (Observatoire des non-recours aux droits et services), en tant que membre de l'équipe de recherche. Une collaboration qui se poursuit encore aujourd'hui. De 2012 à 2014, il va travailler au Foyer de Jeunes Travailleurs « Les Noyers verts », à la résidence sociale « Le logis du Grand Champ» et au CCLAJ (Comité Local pour le logement Autonome des Jeunes) du Relais Ozanam.


L'action au sein de Totem

Aujourd'hui, il dirige le service « Totem » qui s'inscrit dans le cadre de la politique du « Logement d'abord ». Depuis mars 2016, il est aussi responsable du projet pour la promotion et le développement du travail pair. Engagé et militant, son regard révèle un caractère des plus entreprenants lorsqu'il s'agit de décrire ce qui l'anime et ce pourquoi il se bat : « Mon équipe et moi-même, nous menons des actions au sein de Totem qui consistent à favoriser l'accès au logement pour des personnes qualifiées de « grands exclus », des gens qui pour divers motifs n'accèdent pas ou plus aux dispositifs d'hébergements traditionnels. »


Lutter contre les a priori

David Laumet parle avec le recul et la sagesse acquis dans les multiples expériences qu'il a pu mener et qui jalonnent son parcours. Il est néanmoins difficile de l'arrêter de parler, surtout si on lui demande ce qui le motive le plus dans son travail : « Ce qui m'apparaît primordial, c'est de continuer à lutter contre les a priori : une personne venant de la rue n'a pas à être jugée comme « nocive ».

Et David Laumet explique son travail au quotidien : « Il est nécessaire d'aider la personne à retrouver ses droits si elle le souhaite, et notamment, ceux liés au logement. La personne est volontaire. Le droit et l'accès au logement et aux soins doivent être la base de tout accompagnement social car la rue abîme. Un élément important : si la personne, pour différentes raisons, ne se sent pas bien dans son logement, elle est libre de le quitter. Elle n'est pas enfermée dans celui-ci et notre accompagnement n'est pas conditionné à une réussite locative. Le logement est un début et non une finalité. Sur ce point, les mentalités du secteur social doivent évoluer. »

David Laumet repart comme il est arrivé : le sourire aux lèvres avec toujours cette étincelle dans le regard qui témoigne de son envie de faire partager ses valeurs, et son implication.

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