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La rentrée se profile, et avec elle son lot de mauvaises nouvelles et de réglements de compte politiques. Une période idéale en somme pour le retour de notre tour d'horizon hebdomadaire de l'actualité sociale.

CHÔMAGE / EMPLOI

Dans la foulée de la visite de François Hollande à nos compatriotes d'outre-mer, les médias nationaux n'ont pas manqué de signaler la mauvaise santé financière des habitants de ces départements. Ce n'est évidemment pas par hasard si, ainsi que nous l'explique Le Point, François Hollande annonce des mesures pour l'emploi à la Réunion. En métropole pour autant, la situation est tout aussi préoccupante et ne semble pas prendre le chemin de l'amélioration. Le site Planet.fr n'a donc pas tort de proposer un récapitulatif de toutes les aides auxquels peuvent prétendre les inscrits à Pôle Emploi. La formation fait par ailleurs partie de ces aides, à condition qu'elle soit un tantinet crédible, ce qui n'a pas été le cas de la Marianne K dont Le Nouvel Observateur livre le témoignage, dirigée vers une « formation fantôme ». Enfin, le front des intermittents du spectacle, plus discret durant l'été, continue à faire parler de lui, ainsi que le rapporte Le Figaro en évoquant la grève votée au Festival de Théâtre de rue d'Aurillac.

SOCIAL

C'est évidemment la rentrée scolaire qui a pesé sur l'actualité cette semaine. Parmi d'autres, Le Progrès soulignait jeudi que celle-ci coûte de plus en plus cher aux ménages, tandis que le site Challenges expliquait pourtant lundi qu'en matière d'allocation de rentrée scolaire, la France est le pays le plus « généreux » d'Europe. Une nouvelle, aussi bonne pour les oreilles que pour les finances de ces mêmes ménages : la flûte à bec ne fait plus partie des fournitures scolaires, ainsi que le conte Le Figaro. C'est le même Figaro qui estime que la réforme des rythmes scolaires, qu'il a tant décrié, fait « flamber » les tarifs des baby-sitters. Un article à prendre avec tout le recul nécessaire mais qui ne manque pas d'intérêt. — En terme d'assistance aux plus démunis, La Tribune nous apprend que la France, pour pallier un retard de l'Union Européenne, va débloquer 215.000 euros dans le cadre de l'aide alimentaire. Et pour conclure sur le volet social, on sera heureux d'apprendre par France Bleu que l'augmentation que le maire FN du Pontet s'était alloué, tout en annonçant la fin de la gratuité de la cantine scolaire pour les familles les plus modestes, a été annulée par le Préfet du Vaucluse, car contraire au code des collectivités territoriales.  

LOGEMENT

Deux annonces du secrétaire d'État Harlem Désir ont fait parler d'alles, notamment sur le site Capital : un « geste fiscal » et « des mesures pour le logement ». La prudence étant une règle d'or en politique, qu'ils sont cependant bien peu à respecter, nous n'en saurons pour le moment pas plus. Cela n'empêche pas, comme le relate Les Échos, la Fédération du bâtiment de réclamer des mesures fiscales fortes. Il est vrai que la construction semble en berne, une situation que l'on ne manque pas de mettre sur le dos de Cécile Duflot. Ainsi, nous dit Le Figaro, Manuel Valls considère l'ancienne ministre écologiste comme « responsable de la faible croissance ». La sortie prochaine de son brûlot anti-Hollande n'a évidemment rien à voir avec cette déclaration. Autre problématique liée au logement et toujours ardente durant les deux mois de l'été : le logement étudiant, auquel Le Dauphiné Libéré consacrait un article pour la ville de Grenoble.

LOCAL

Restons dans le local, où le site L'Essor relate vendredi le développement d'Habitat et Humanisme, organisme social qui s'installe de plus en plus en Isère. Ce ne sera pas un mal puisque Le Dauphiné Libéré nous apprend l'évacuation du « squat » de l'ancienne discothèque du Drac Ouest. Que proposera-t-on aux Roms qui viennent d'être ainsi délogés, si ce n'est de rejoindre un autre logement de fortune insalubre ? C'est également Le Dauphiné Libéré qui raconte la « mésaventure » d'une personne malvoyante de 79 ans qui s'est vue refuser toute aide de la part des employés de La Poste de la Tour-du-Pin pour remplir un mandat cash à destination de son petit-fils. Une situation qui n'aurait certainement pas manqué de révolter – mais qu'est-ce qui ne le révolte pas ? – Jean-Luc Mélenchon, présent à Saint-Martin-d'Hères pour l'ouverture de l'université d'été du Parti de Gauche, comme l'apprenait jeudi à ses lecteurs le site du Monde.

ÉCONOMIE

Pour une fois, le ton de la conciliation sur le terrain économique est venu du patronat, avec un Pierre Gattaz contraint par sa base de mettre ses critiques en sourdine pour approuver l'action du gouvernement sur le fameux « pacte de responsabilité », ainsi que nous l'expliquait le site Boursier.com. La veille, raconte La Tribune, le ministre des Finances Michel Sapin évoquait la « responsabilité évidente des entreprises françaises » face au CICE, et le lendemain, Stéphane Le Foll niait sur France Télévisions qu'il soit question de « chouchouter les patrons ». Entre le gouvernement et le Medef, on ne saurait même plus dire qui est le chat, et qui est la souris. Pendant ce temps, la question fiscale continue à peser, et le « ras-le-bol » fiscal que l'on serine depuis plus d'un an sur toutes les antennes ne faiblit pas, même lorsque plus de quatre millions de ménage ont bénéficié d'une baisse d'impôt en 2014, comme l'écrit Le Figaro, et que Manuel Valls s'apprête à annoncer de nouvelles baisses la semaine prochaine, ainsi que nous l'apprenait mercredi Libération. Les salariés non-imposables seront heureux d'apprendre que l'on s'occupe en priorité de ceux qui gagnent assez pour payer des impôts, plutôt que de ceux qui gagnent trop peu pour en payer. Quant à ceux qui gagnent énormément, ils n'ont pas toujours la paix qu'ils considèrent mériter. Le Point nous explique, par exemple, que Marcel Dessailly est fortement suspecté par le Fisc d'avoir caché des fonds en Suisse. On se demande juste pourquoi le site considère que « cela n'étonnera personne ». Ce qui n'étonne réellement personne, en revanche, c'est l'accélération des retraits du Livret A que décrivent jeudi Les Échos : avec un taux de rémunération à 1 %, on s'interroge encore sur la valeur de ce placement, tellement populaire voilà peu auprès des Français.

Une indication peut-être d'un certain bouleversement des habitudes que la crise et la faiblesse (voire la nullité) de la croissance ne manquent pas d'instiller au sein d'une société française de plus en plus inquiète, la rentrée étant par définition un moment que beaucoup, dans des situations difficiles, peuvent ressentir comme anxiogène. Un état d'esprit que nous ne manquerons pas, entre autre, de relayer dans notre prochaine revue de toile LBP, au sortir d'une semaine que nous vous souhaitons, naturellement, la plus agréable possible !