Titulaire du RSA, cherchez-vous du travail ? Nicolas Sarkozy compte bien vous en trouver, quitte à vous l'imposer de gré ou de force.

Petits copinages entre ennemis

Se découvrant presque par surprise « premier parti de France » à la place du Front National, Nicolas Sarkozy n'a pas ménagé sa peine pour faire venir à lui les électeurs FN durant son discours au soir du premier tour des élections Départementales.

Son argumentaire est connu depuis que le « FN-PS » fait partie de sa rhétorique : en votant pour le parti de Marine Le Pen, l'électeur de droite favorise la gauche. Le président de l'UMP enfonce le clou en faisant des rapprochements – tendancieux – entre le FN et l'extrême-gauche française ou le parti Syriza.

Il est vrai qu'après avoir été très proche de Patrick Buisson, ancien journaliste de Minute nourri à la pensée de Maurras, Nicolas Sarkozy sait de quoi il parle lorsqu'il dénonce les promiscuités supposées de ses adversaires avec l'extrême-droite.

Il est d'autant plus inspiré que son programme, pour mieux complaire à ces électeurs égarés dont les voix feront la différence au second tour, s'apparente de plus en plus à un tract nationaliste : « (L'UMP) est le seul choix qui permettra de mettre un terme aux augmentations d'impôts (...), d'arrêter les dépenses inutiles, d'exiger que les bénéficiaires de minimas (sic) sociaux travaillent, parce qu'il ne peut y avoir de droits sans contreparties. »

 

 

Farces et attrapes

Et voici comment, en une phrase, l'ancien Président de tous les Français met sur un pied d'égalité l'augmentation des impôts, les dépenses futiles et les titulaires du RSA, forcément oisifs, nécessairement profiteurs, qui ne font que « bénéficier » sans rien donner en retour.

Doit-on rappeler à Nicolas Sarkozy qu'un grand nombre des bénéficiaires des minima sociaux sont dans cette situation parce qu'ils ne peuvent pas « bénéficier » d'un travail ? Lui rappeler aussi qu'il a exercé la plus haute fonction de l'État durant un quinquennat entier, au sortir duquel les bénéficiaires des minima sociaux n'ont guère eu l'occasion de trouver le « travail » qu'il veut aujourd'hui leur imposer de force ?

Le président de l'UMP serait plus inspiré de faire la promotion d'une politique permettant aux bénéficiaires des minima sociaux de devenir ou redevenir des salariés, plutôt que de jouer la carte de la suspicion, de la division et de la punition. Ou de prôner un travail obligatoire pour les précaires qui, sans constituer un véritable emploi, viendrait se substituer à celui que pourrait exercer une personne rémunérée convenablement.

On peut toujours, pour complaire à un certain électorat et mieux jouer les Poutine de campagne, prôner le démantèlement social en réponse à un prétendu « assistanat », mais ce n'est jamais que donner de mauvaises réponses à de mauvaises questions.

Et cela n'a jamais motivé personne à se poser les bonnes.

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