Cela fait maintenant un demi-siècle que le premier Planning familial a ouvert ses portes à Grenoble. À cette occasion, Marie-Noëlle Gagnepain, vice présidente du Planning familial de l’Isère, fait le point sur cet anniversaire.

Comment est apparu le premier Planning familial ?

M.-N.-G : Il existe maintenant depuis cinquante ans. La première permanence s’est ouverte en 1961 à Grenoble. Tout a, en fait, débuté cinq ans plus tôt avec la création de «La Maternité Heureuse», association qui militait pour la promotion de la contraception. C’est par la suite, sous l’impulsion du docteur Fabre, que le Planning s’est mis en place. Depuis, le Planning s’est énormément développé puisque l’on compte désormais 70 associations départementales qui sont regroupées dans des fédérations régionales, le tout chapeauté par la fédération nationale.

Quelles ont été les conséquences de cette création ?

Bénéficiant des six années précédentes de travail et de sensibilisation du Planning familial grenoblois, la loi Neuwirth autorisant la contraception est votée en 1967. En 1975, c’est la loi Veil qui voit le jour et qui permet l’interruption volontaire de grossesse (IVG). Enfin, en 2001, la loi Aubry porte de 10 à 12 semaines le délai légal de l’IVG et supprime l’autorisation parentale pour les mineures.

Certaines statistiques font état d’une augmentation du nombre d’IVG : qu’en est-il réellement ?

D’après les chiffres des rapports d’activité annuels, cette augmentation n’apparaît pas de manière visible. En revanche, le nombre d’IVG ne décroît pas non plus. Mais un chiffre est toujours à mettre en rapport avec le nombre de personnes susceptibles d’être informées. Par ailleurs, il faut toujours souligner que la contraception est quelque chose qui n’est pas simple. On voit encore des idées fausses qui circulent, par exemple le fait que le premier rapport pour une jeune femme ne peut pas être fécondant. C’est pour cela que l’on voudrait que l’État ouvre encore plus l’éducation de la sexualité dans les établissements scolaires. Normalement, la loi prévoit, du CP à la Terminale, trois cours d’enseignements sur cette question par an et par niveau de classe. On en est loin. C’est d’abord un problème de moyens, mais on voit également des réserves et des réticences, cela reste parfois tabou.

Qui se rend principalement au Planning ?

Entre 80 et 90% de la population qui est accueillie reste essentiellement féminine. Malgré toutes les évolutions de ces dernières années, le désir ou non de garder un enfant reste de la responsabilité des femmes dans notre société. Mais c’est vrai que de temps en temps des couples viennent. L’intervention dans les collèges et les lycées est à ce sujet primordiale : c’est par ce biais là que beaucoup d’adolescents se rendent ensuite dans les Plannings.

D’ailleurs, à la rentrée, un pass contraception sera distribué dans les lycées rhônalpins…


Oui, en effet, c’est un pass qui offre la possibilité d’une visite gratuite chez un médecin, une contraception gratuite… Il s’agit d’être accompagné financièrement. Car cela peut s’avérer parfois assez cher au final, toutes les pilules ne sont pas remboursées, etc. C’est pour cela qu’on rappelle qu’au Planning familial les consultations sont gratuites pour les mineures et la contraception également.

Sur le même thème

Vous êtes ici : Accueil Rubriques Santé Droits Le Planning familial 50 ans de lutte