Imprimer



Inquiet de la remise en cause du droit à l'avortement , le Planning familial a récemment mis en place une campagne nationale pour reccueillir des témoignages de femmes ayant avorté. Pour mettre un terme aux idées reçues et  réaffirmer la nécessité de protéger ce droit.

Depuis plusieurs années, le Planning familial constate la présence de sites internet qui se présentent comme de simples sites d’information sur l’IVG et qui contiennent de nombreuses contre-vérités destinées à décourager les femmes qui souhaiteraient avorter. D'où l'idée de cette campagne  qui rappelle à tous que l'avortement est un droit et qui  vise à lutter contre la désinformation sur l’IVG sous toutes ses formes.  Dans ce but, cette association pionnière pour l'accès à la contraception a mis en place un site , http://ivg.planning-familial.org, qui vise à recueillir  des témoignages. Ce support contient également des informations essentielles sur l’IVG et rappelle l'historique de la lutte en faveur du droit à l'avortement. Enfin, une rubrique, intitulée "Kits d'actions", permet notamment de tordre le cou à une série d'idées reçues en y apportant des explications objectives et en donnant des conseils et toute une série de liens utiles.

Rappel de la situation en France

La loi votée en 2001 comportait certaines améliorations de la Loi Veil : rallongement à 14 semaines de la période pendant laquelle une femme peut avorter et possibilité nouvelle de renoncer à une grossesse à l’aide de médicaments (IVG médicamenteux). Cette loi a supprimé l'autorisation parentale pour les mineurs et l'entretien psychologique pour les majeurs.

Cependant, il y a aujourd'hui bien moins de médecins pratiquant des IVG sur tout le territoire parce que cet acte est  insuffisamment payé. Dans certains départements, les centres IVG ont même disparu faute de médecins. Quant à la formation des médecins eux-mêmes, elle n’aborde pas ou peu ce sujet encore tabou ou elle en fait état seulement pour signaler les complications et les risques pour la santé des patientes.  

Quarante pour cent des femmes avortent une fois au cours de leur vie. La femme adulte est souvent mal informée et les jeunes qui consultent internet sont un peu moins perdus. Certaines idées reçues ont la vie dure : comme le risque de ne plus avoir d’enfant après l’opération. Il n’y a pas de profil type de la personne qui fait une demande et toutes les réactions sont possibles après l’opération. Le manque de fiabilité de la contraception est à l'origine de 25% des IVG. Bien souvent, il y a une lassitude de la contraception qui est à l'origine de nombreuses grossesses.

L'interruption volontaire de grossesse est un progrès fondamental. Cet acte médical est compris par la plupart d'entre-nous.  Si la Manif pour tous n'a pas eu de réelle influence sur la pratique des avortements ou sur leur nombre, les tentatives de remise en question de ce droit fondamental n'ont pas manqué ces dernières années et cette nouvelle campagne semble indispensable.