La situation est toujours extrêmement explosive en Libye, le pays est en pleine guerre civile, Mouammar Kadhafi est toujours incontrôlable et les Etats-Unis veulent intervenir militairement pour renverser le régime. En cas de départ du Colonel,  l’édition suisse de 20 Minutes pense à tout et nous propose un guide du dictateur en exil. Petit tour d’horizon des destinations possibles. L’Arabie Saoudite semble être l’endroit rêvé pour les tyrans en retraite : « le royaume de la péninsule Arabique soigne les dictateurs, précise l’article. Avant Ben Ali, le pays avait déjà accueilli en 1979 Idi Amin Dada, l’ancien despote ougandais. Le «boucher de l’Afrique» touchait une rente de près de 2000 francs et était tellement bien nourri qu’il a pesé jusqu’à 135 kilos. Il y est mort tranquille... et obèse ». Le Maroc est également chaudement recommandé, le général Mobutu peut en témoigner…

On aurait tendance à l'oublier mais la Côte d’Ivoire connaît toujours toute une série d’affrontements entre les partisans de Laurent Gbagbo et ceux d’Alassane Ouattara. Libération a pu se procurer un document confidentiel de l’ONU sur ces violences. « La semaine dernière, nous apprend le rapport, la ville de Daoukro, dans le centre de la Côte d'Ivoire, a été le théâtre de violents affrontements. Dans ce fief de la communauté baoulée, l'un des principaux groupes ethniques du pays, des manifestants, dont certains étaient armés, ont défié les forces de Laurent Gbagbo, les FDS (Forces de défense et de sécurité). Le 24 février, deux manifestants sont tués. Le lendemain, les violences reprennent avec plus de vigueur. Daoukro est la ville de l'ancien président Henri Konan Bédié, qui a appelé ses partisans à voter pour Ouattara lors de l'élection présidentielle et permis ainsi sa victoire. »

Mais ces soulèvements ne s'arrêtent pas en Afrique. L'Asie est elle aussi touchée. Marianne2 revient notamment sur l’agitation populaire que connaît la Chine depuis un mois : « comme chaque dimanche depuis plusieurs semaines, les forces de l'ordre ont pris place en nombre aux alentours de la Place Tian'anmen ce week-end pour tuer dans l'oeuf toute velléité de contestation. Le régime de Pékin est en proie à une certaine nervosité. Le risque de contagion effraie même les dirigeants de Corée du Nord. ». Et le reportage d’ajouter : « depuis une dizaine de jours, avocats, dissidents, blogueurs sont surveillés ou arrêtés. Les manifestations sont rapidement dispersées. Chen Wei, dissident historique du Printemps de Pékin, a ainsi été arrêté la semaine dernière pour « incitation à la subversion ». Une centaine d'individus auraient été interpellés ou placés en résidence surveillée sans qu'ils aient forcément un lien avec ces appels émis souvent à partir du site Boxun basé aux USA et qui encourageait les chinois à manifester à travers le pays. »

Libye, Côte d’Ivoire, Chine : on a le sentiment que le monde est une poudrière en attente d'une étincelle. Nicolas Sarkozy a quant à lui rendu visite très rapidement à la Turquie le 25 février dernier. Cinq petites heures qui n’ont apparemment pas convaincu la presse ottomane, loin s’en faut, si l’on en croit le journal d’Istanbul Vatan, repris lundi par Courrier International. « Sarkozy a toujours soigneusement évité d'effectuer une visite officielle en Turquie, précise le quotidien stambouliote.  La dernière d'un président français, celle d'un François Mitterrand en fin de mandat, remonte à presque vingt ans. Avant cela, seuls de Gaulle, en 1968, et l'impératrice Eugénie [épouse de Napoléon III], en 1869, s'étaient rendus en visite officielle en Turquie! » Le constat est donc sans appel pour l’opinion turque : « la France est sans doute le pays du monde qui regarde les autres avec le plus de condescendance. Tandis que la propagande électorale en France flirte avec l'islamophobie, nous constatons que la politique de Paris vis-à-vis des pays du Maghreb, structurée par la peur de l'islam, tourne à l'échec cuisant »

En France, justement, que s’est-il passé cette semaine ? Le remaniement bien sûr. Michèle Alliot-Marie a payé au prix fort ses atermoiements et ses approximations (pour ne pas dire plus) lors de la crise tunisienne et c’est donc Alain Juppé qui la remplace au Quai d’Orsay. Un « retour en grâce » pour le nouveau ministre des Affaires étrangères, un « miraculé » selon LeMonde.fr, qui nous remémore ses ennuis judiciaires : «en 2004, l’ancien premier ministre est condamné à 18 mois avec sursis dans l'affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris, une peine assortie de dix dans d'inéligibilité, équivalant à une peine de mort politique. La cour d'appel commue l'année suivant cette peine à un an, ce qui sauve le maire de Bordeaux. »

Mercredi soir, Eric Zemmour, tout juste condamné pour provocation à la discrimination raciale, s’est fait acclamer par les députés UMP lors d’un débat organisé à l’Assemblée Nationale sur le thème «Normes, complexité et libertés individuelles: de l'air!» C’est Libération qui nous livre un compte-rendu de la soirée, au cours de laquelle « le chroniqueur, qui officie toujours sur RTL, I-télé, France 2 et au Figaro, a harponné des «associations groupusculaires souvent autoproclamées antiracistes» qui, avec «la complicité idéologique des grands médias», oseraient «matraquer judiciairement les rares opposants».

Liberté d’expression toujours. Il y a cinquante ans mourait Louis Ferdinand Céline, auteur d’un des plus grands romans français de tous les temps avec Voyage au bout de la nuit mais qui sombra peu à peu par la suite dans une folie antisémite. « Mouton noir, auteur sulfureux devenu accessoire chic, écrivain maudit, incompris ou bien salopard, Céline reste la plaie qui fait tache sur le visage de la littérature française. Certains l'adulent en minimisant son abjection, d'autres le vouent aux gémonies en oubliant son style. Car la figure de Céline n'en finit pas de poser une question qui semble encore insoluble pour l'esprit français cartésien : peut-on être à la fois un écrivain révolutionnaire et une ordure antisémite ? » s’interrogent ouvertement les Inrocks, quant à la publication ou non des pamphlets antisémites de l’écrivain. L’article conclut par l’opinion exprimée de Serge Klarsfeld : « Je serai contre une publication des pamphlets. Si nous étions dans un monde pacifié, il n'y aurait pas de problèmes. Mais ces textes sont trop nocifs. Les republier serait dangereux ».

Enfin, rions un peu avec Kadhafi et Charlie Sheen. Le site du journal anglais The Guardian compare en effet sous forme de quiz les propos délirants du dictateur libyen avec ceux déjantés de l’acteur de Mon Oncle Charlie, qui perd légèrement les pédales depuis quelque temps. En vrac, arriverez-vous à deviner lequel des deux a dit : « je suis comme la reine d’Angleterre », « chaque grand mouvement débute avec un seul homme » ou bien encore « le 11 septembre n’était qu’un conte de fées, une totale fiction » ?

 

Illustrations: Nolwenn Tizzotti
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