Enlisement. S’il est un mot tabou que les puissances occidentales se refusent à employer concernant l’intervention en Libye, c’est bien celui-là. Pourtant, la situation sur le terrain reste floue et on tarde à apercevoir les premiers résultats tangibles de ces frappes aériennes. Le témoignage du photographe de guerre allemand Marcel Mettelsiefen est ainsi intéressant à plus d’un titre. Dans le Der Spiegel (repris par Courrier International), il prend la plume pour raconter les aspects dangereux de son métier.

« Décrire les conditions dans lesquelles les photographes de guerre travaillent aujourd’hui dans le centre de Misrata n’est pas chose aisée, précise-t-il dans le journal allemand. Une bombe à fragmentation y explose toutes les cinq minutes. On tire de tous les côtés. Les tireurs d’élite de Kadhafi sont embusqués d’un côté, les rebelles de l’autre. Je n’ai moi-même été qu’une seule fois dans la rue de Tripoli, pendant une demi-heure. D’autres photographes y sont restés plus longtemps, en dépit du danger extrême, comme Tim Hetherington et Chris Hondros (tous deux tués par une bombe à fragmentation, ndlr). Nous sommes nombreux à prendre ce genre de risques, à la recherche de la photo parfaite, et nous dépassons souvent les limites du raisonnable. » Et le photographe de s’interroger par la suite : « Quant à savoir ce qui nous pousse à agir ainsi, la réponse n'est pas simple. Le jeu en vaut-il la chandelle, eu égard à l’événement, une poignée de photos impressionnantes ? En tant que journalistes, nous cherchons à provoquer une réaction. A Misrata, j’avais l’impression qu’il y avait très peu de photographes sur place, nous n’étions qu’une dizaine. Je me dis qu'avec mes photos je peux montrer au monde ce qui se passe ici. Je peux montrer ce que Kadhafi essaie de dissimuler : les souffrances des civils. Cela me donne l’impression de pouvoir susciter une vraie réaction. Ai-je raison ? »

 

Dans le même temps, Barack Obama semble lui plus intéressé par sa réélection que par la guerre en Libye. Il multiplie notamment les rencontres avec Mark Zuckerberg, le créateur de Facebook. Rue89 revient sur « l’amitié intéressée » entre les deux hommes. Obama a en effet « besoin du réseau social pour se faire réélire en 2012 ; Zuckerberg, de lois clémentes sur la protection de la vie privée. » L’article souligne ainsi l’implantation de Facebook à Washington : « En 2008, le réseau social a ouvert un bureau de lobbying près de la Maison Blanche et organise régulièrement des sessions de présentation de Facebook pour les membres du Congrès et les agences de renseignement. Selon un article de Time Magazine, il s'agit notamment d'« éduquer » les parlementaires aux bienfaits de Facebook en terme de communication électorale et de relations quotidiennes avec les électeurs. »

Le réseau social étend donc de plus en plus sa toile chaque jour et inquiète tout le monde, y compris les services secrets. Le fait que des millions de personnes partagent sur la planète entière des informations privées est une mine d’or pour l’espionnage et le renseignement. Et un énorme risque pour la sécurité des pays. « Israël ferait partie des premières victimes, nous informe le site Owni.fr. Le Hezbollah aurait déjà obtenu des révélations de militaires israéliens en utilisant Facebook. Plus de 200 soldats et cadres de l’armée, piégés par un faux profil féminin aguicheur et particulièrement amical, ont communiqué des noms de soldats, du jargon militaire, des codes secrets et des descriptions détaillées des bases militaires. » Une simple demande d'ami pourrait donc avoir des conséquences désastreuses à long terme, c’est vertigineux…

En France, alors que des velléités pour fermer les frontières face à l’afflux de réfugiés tunisiens se font de plus en plus sentir, la famille se porte bien. C’est un rapport de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) qui le dit. Dans Libération, on peut notamment lire que « la France occupe une position favorable sur plusieurs dimensions (…): la fécondité est très supérieure à la moyenne de l’OCDE et l’une des plus proches du niveau de 2,1 enfants par femme permettant le remplacement des générations .De plus, «le taux d’emploi des femmes âgées de 25 à 54 ans est à 76,6%, lui aussi supérieur à la moyenne» de l’OCDE (71%). « Près de 80% des femmes travaillent à temps plein », observe le rapport, qui relève aussi un taux assez faible de pauvreté des enfants. «L’idée qu’il faudrait renvoyer les femmes à la maison pour qu’elles aient plus d’enfants, ça ne marche pas», résume tout simplement l’un des auteurs, Olivier Thévenon. »

Mais si la France peut se targuer d’avoir une des meilleures politiques familiales des pays industrialisés, tout n’est pas parfait, loin s’en faut. « Plus de 13 200 IVG ont été réalisées sur des mineures en 2006, selon l'Inspection générale des affaires sociales, relate LeMonde.fr, un chiffre en hausse continue. En 2002, on en comptait 10 722. Le gynécologue Israël Nisand estime que ce nombre est d'ailleurs "sous-évalué" et serait plus proche de "15 000" ». C’est entre autres pour réduire ce nombre que « la région Ile-de-France a présenté, mardi 25 avril, son Pass santé contraception. Ce dispositif permettra à 159 000 lycéens et lycéennes de seconde, apprenties et élèves en formation sanitaire et sociale, d'accéder gratuitement et de façon anonyme à une contraception pendant quelques mois ».

Enfin, comment ne pas conclure cette revue de presse par l’événement interplanétaire qui se déroule ce vendredi, à savoir le mariage royal entre le prince William et Kate Middleton. A cette occasion, Slate.fr a eu la bonne idée de concocter une playlist spéciale prévue à cet effet. On retrouve bien évidemment les Sex Pistols avec God Save The Queen, mais également les Kinks avec Victoria, les Smiths avec The Queen Is Dead ou bien encore les Stone Roses avec Elizabeth My Dear. Sinon en France, pour les mariages, on a Bezu avec la queue leu leu.

 

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