Pauvre Dominique Strauss-Kahn. Victime d’une machination diabolique, d’un complot mondial, victime des femmes tout simplement, il est assigné à résidence dans l’une des pires villes au monde, New-York. Soutenu par les plus grands intellectuels français (Bernard Henri-Lévy, Jean-François Kahn), il vit un enfer quotidien, sous étroite surveillance policière. Le Monde nous relate son calvaire : « vêtu d'une veste grise et d'une chemise bleue, l'ancien directeur général du Fonds monétaire international (FMI) a été emmené par des policiers en civil dans un véhicule qui l'attendait en bas de l'immeuble de l'avenue de Broadway, où il logeait à titre provisoire. Il n'était pas menotté. Il a été conduit vers une élégante maison de deux étages située au 153, Franklin Street, dans Tribeca, un ancien quartier très en vogue d'usines et de hangars transformés dans les années 1990 en immeubles de lofts ».

La description du lieu est insoutenable : « d'après les agences immobilières, cette maison comporte trois chambres et quatre salles de bain, avec "un vaste salon de style loft". Selon le New York Times, la maison a été rénovée par le célèbre architecte Leopoldo Rosati, et était à vendre pour presque 14 millions de dollars (9,87 millions d'euros). Elle possède une terrasse, un centre de sport, un home cinéma et un spa ».Des conditions de vie terrifiantes qui nous montrent à quel point la justice américaine est inhumaine.

Mais DSK peut suivre le modèle d’autres glorieux martyres, injustement accusés avant lui de tentative de viol. Libération donne de l’espoir à tous les opprimés de la planète : « des précédents, surtout celui du basketteur Kobe Bryant, accusé de viol en 2003 par… une employée d’hôtel, rappellent que l’accusatrice peut à tout moment se rétracter ou préférer un accord financier discret qui évite un procès public. Dans le cas de Bryant, le basketteur avait reconnu qu’il y avait bien eu relation sexuelle, mais niait qu’elle ait été forcée. La femme de chambre avait fini par renoncer à témoigner, acceptant un dédommagement financier d’un montant gardé secret ».Et l’article d’ajouter : « les avocats de DSK seraient d’ores et déjà à l’œuvre en Guinée, pour parler à la famille d’Ophelia et la convaincre qu’il serait dans l’intérêt général de s’entendre discrètement, rapportait hier la presse américaine. Cette démarche n’est pas confirmée mais il est évident que la pression de l’argent sera énorme, surtout pour une famille africaine, écartelée entre New York et un village de Guinée. La tentation peut être grande pour cette famille d’accepter un accord discret, épargnant à la jeune femme l’épreuve d’aller encore une fois tenter de convaincre des jurés, cette fois-ci devant la Cour suprême de New York ».

Depuis le début du scandale, Télérama a eu la bonne idée de confier des chroniques régulières à Jean-Xavier de Lestrade, cinéaste et documentariste maintes fois primé (auteur notamment d’Un Coupable Idéal et de Soupçons), bon connaisseur du système judiciaire américain. Lundi dernier, il mettait en parallèle l’affaire DSK avec le procès d’OJ Simpson : « les preuves matérielles contre lui étaient assez accablantes (son ADN retrouvé sur les lieux des crimes…). Or, il dépensa une partie de sa fortune pour s’assurer les services de trois des meilleurs pénalistes aux Etats-Unis, qui, devant la gravité des charges, n’eurent qu’une tactique : démontrer que l’enquêteur en chef, Mark Fuhrman était raciste. Et donc de le discréditer. Ils réussirent à se procurer une bande audio (dans des conditions assez mystérieuses), dans laquelle, Fuhrman, au cours d’une conversation privée, emploie le mot « nigger ». Et ce fut suffisant. Une bande qui valait bien deux ou trois millions de dollars. Après plus de six mois de procès, OJ Simpson fut acquitté. Quelques mois après le procès, l’on a su que OJ Simpson avait dépensé deux fois plus d’argent que l’Etat de Californie… ».

En France, une autre affaire de mœurs secoue le cocotier politique. Un coup de tonnerre. Un tsunami. Et c’est Le Figaro qui nous apprend cette terrible nouvelle : « deux ex-employées municipales de Draveil, dans l'Essonne, accusent le maire UMP de la ville et actuel secrétaire d'Etat à la Fonction publique, Georges Tron, de «harcèlement sexuel». Les deux jeunes femmes, qui évoquent «l'emprise» exercée par leur ex-employeur, viennent de porter plainte contre lui ».  Georges Tron. Son nom sonne comme un immonde pervers, au regard libidineux et à l’instinct lubrique. Les faits présumés sont, une fois encore, à la limite de la décence humaine. « Les deux jeunes femmes relatent que sous couvert de réflexologie (massage thérapeutique des pieds, ndlr), l'élu leur prodiguait des massages s'apparentant à de véritables agressions.  Des gestes déplacés et répétés qui les auraient conduites toutes les deux à essayer d'attenter à leurs jours » précise le quotidien. Et c’est Gilbert Collard, dont la probité n’est plus à prouver, qui est chargé de défendre les plaignantes.

Dans notre bon vieil hexagone, où la délicatesse de la séduction n’a d’égal que la finesse de nos vignobles, Slate.fr revient sur une étude de 2008 qui tendrait à prouver que le plaisir de boire une bouteille de vin dépendrait fortement du prix qu’elle a coûté. « Le prix joue inconsciemment sur les attentes des consommateurs, souligne l’article. En payant le prix fort, vous vous attendez à de la qualité et votre cerveau va se débrouiller pour que vous la retrouviez lorsque vous dégusterez le contenu de votre bouteille. En déboursant moins, vous dévaluez inconsciemment le produit, vos attentes à son sujet sont moins élevées et le plaisir/bénéfice que vous en tirez est moindre. Les spécialistes du marketing, qui connaissent la psychologie, disent que le prix fait le produit. Et peut-être plus que les qualités intrinsèques du vin ».

Enfin, voilà la bonne nouvelle de la semaine. « Une étude du Professeur Siegfried Weyerer, de l'Institut de santé mentale de Mannheim, en Allemagne, montre que les personnes âgées buvant une pinte de bière ou un verre d'alcool par jour ont moins de chance d'être atteintes de sénilité » peut-on lire dans les Inrocks. « Plus précisément, continue l’hebdomadaire, sur 3200 personnes âgées de plus de 75 ans étudiées, le Pr Weyerer a déduit que les chances de développer une démence étaient 30% plus faibles chez les buveurs d'alcool et de 40% en ce qui concerne Alzheimer ». Le tout avec modération, vous l’aurez compris de vous-même.

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