La journée internationale pour les droits des femmes du 8 mars, c’est aussi l’occasion d’en apprendre davantage sur les inégalités de genre.

Deux ONG, Oxfam France et le Secours Catholique ont récemment dénoncé la précarisation des femmes :

Pauvreté au travail : les femmes en première ligne
Oxfam France, 17/12/18

« Oxfam France poursuit son travail contre la pauvreté et les inégalités en publiant un rapport « Pauvreté au travail : les femmes en première ligne » sur les inégalités de genre et sur la situation des femmes travailleuses pauvres en France.
Alors que la France compte actuellement 2 millions de travailleurs pauvres, l’ONG tire la sonnette d’alarme sur une situation qui s’aggrave particulièrement pour les femmes. Entre 2006 et 2017, la part de femmes en activité professionnelle et pauvres est passée de 5,6 % à 7,3 %. Les mères de famille monoparentale sont particulièrement touchées par ce phénomène : parmi celles qui travaillent, plus d’un quart vit sous le seuil de pauvreté, soit un million de femmes. »

Pauvreté : « Les jeunes sont les plus précaires, les femmes les plus touchées »
Public Sénat, 08/11/18

« La précarité des femmes, c’est beaucoup de situations de femme seule au foyer : neuf familles monoparentales sur dix sont tenues par des femmes, qui doivent éduquer leurs enfants avec un budget de plus en plus restreint, et qui ont aussi une grande difficulté à accéder à l’emploi et à la formation, faute de pouvoir faire garder leurs enfants », détaille Bernard Thibaud*.

*Secrétaire général du Secours catholique-Caritas France.


En 2017, Françoise Milewski, économiste à l’Office français des conjonctures économiques (OFCE) formulait des propositions pour lutter contre ces inégalités, dans un article pour l’Observatoire des inégalités :

Vers l’égalité réelle entre les sexes
Observatoire des inégalités, 07/03/17

Elle le concluait par ces mots :

« La conquête de l’égalité met en cause les différences construites entre les sexes, c’est-à-dire la division sexuée des rôles sociaux. Les politiques doivent donc agir sur les inégalités professionnelles comme privées et s’attaquer tant à leurs fondements qu’aux situations qu’elles produisent. »


L’Observatoire des inégalités a publié de nombreuses analyses sur les inégalités femmes-hommes. En voici quatre, sélectionnées parmi celles parus ces deux dernières années :

La pauvreté selon le sexe
L’évolution des inégalités de salaires entre hommes et femmes
Femmes-hommes : à diplômes égaux, salaires inégaux
Un tiers des personnes en temps partiel souhaiteraient travailler plus

«Un tiers des salariés à temps partiel déclarent vouloir travailler davantage (définition officielle du temps partiel subi), ce qui représente 1,7 million de personnes, selon les données 2015 de l’Insee. »

« Au total, 1,2 million de femmes travaillent en temps partiel subi contre 472 000 hommes, soit trois fois moins. »



Les inégalités femmes-hommes dans les grands médias

L’Institut National de l’Audiovisuel (INA) vient de dévoiler une « analyse inédite de 18 ans de programmes TV et radio » qui pointe les inégalités de temps de parole dans les médias français :

Les hommes parlent deux fois plus que les femmes dans les médias
INA, 04/03/19

Au delà des pourcentages présentés dans le communiqué de presse qui précède, l’article suivant, écrit par Cécile Méadel va beaucoup plus loin dans l’analyse :

Mesurer la place des femmes dans les médias, et après ?
InaGlobal / la Revue des médias, 04/03/19

« La parité est bien respectée quand aucune compétence n’est à prouver, aucune fonction d’autorité ou de pouvoir n’est nécessaire. Les journalistes ont tendance à équilibrer la répartition des sexes lorsqu’il s’agit de faire parler « l’opinion publique », de recueillir des témoignages, et à la déséquilibrer lorsqu’il s’agit de faire connaître l’avis des experts ou celui des porte-parole. »

« Selon l’enquête GMMP de 2015, en France les femmes représentent un tiers des reporters, des présentateurs et des journalistes qui se sont exprimés dans les émissions d’information. Cela est faible si l’on compare aux 46 % de femmes auxquelles a été délivrée la « carte d’identité des journalistes professionnels » la même année et aux 66 % de filles inscrites dans les écoles de journalisme en 2012. C’est particulièrement marquant dans l’audiovisuel pour les présentateurs ou journalistes de plateau, tandis que les reporters ou les journalistes de presse écrite sont plus également répartis. »


 

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