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Il est des personnes qui ne vont pas forcément dans le courant où vont s’engouffrer toutes les autres – et c’est très bien… des personnes qui ont faim d’autre chose, d’un bon repas, d’un Festin !

La ville de Besançon a vu naître, en 1990, une association pas tout à fait comme les autres, issue d’un rêve, d’une utopie, celle imaginée par une femme psychiatre et son mari. Marie-Noëlle Besançon, ayant consacré de nombreuses années à soigner ses patients à l’hôpital, s’est rendue compte qu’il était bien difficile d’améliorer durablement la santé des malades au sein de ces lieux trop souvent clos… Ouvrir… Elle a eu l’idée d’ouvrir l’institution, non pas en ouvrant l’hôpital sur l’extérieur, mais en créant une structure de toute pièce, une structure associative, un lieu de rencontres, de dialogue, de réflexion, d’hébergement également : la Maison des Sources. C’est dans un ancien couvent que Marie-Noëlle et Jean, son mari, ont décidé de vivre avec, oui, avec des résidants, des personnes en souffrance psychique, en difficulté relationnelle. Et ça marche !
Le repas est bon, soyez-en sûr, « Le festin ce n’est pas la table, c’est l’amour partagé dont le repas est un symbole » nous dit Marie-Noëlle. Le mot est lâché : amour. C’est ce rapport harmonieux entre des personnes intégrées et d’autres qui sont en difficulté qui fait que la Maison des Sources ne désemplit pas, bien au contraire, et qui fait que l’on s’y sent bien. Treize résidants vivent sur place avec le couple initiateur du projet. Une quarantaine de personnes viennent également chaque jour s’y ressourcer, se faire du bien, et faire du bien aux autres par la même occasion. Tout cela s’est su, bien entendu, si bien qu’aujourd’hui, la Maison des Sources est connue, reconnue. Quatorze salariés sont aujourd’hui en activité au sein de la structure. Soixante bénévoles épaulent régulièrement l’équipe de salariés. La formule va être lancée dans d’autres villes de France…

Voici ce que nous dit Marie-Noëlle au sujet de la Maison de Sources : « Il ne s’agit pas d’un lieu de soin, mais d’un lieu qui soigne » ; un ancien résidant des lieux déclare : « Nos vies sont faites de liens et de sens. Ici les hommes et les femmes ne sont pas identifiées malades, inclus, exclus, bien portants, ils vivent ensemble dans un climat de tendresse et d’affection qui permet de tisser des liens pleins de sens ».
D’autres personnes accueillies nous confient : « On ne nie pas ce qu’on est, mais on s’appuie sur sa partie saine pour redémarrer, sans avoir à fournir d’explications qui ne sont bien souvent qu’une fuite. On apprend à faire avec ses propres ténèbres ». « Ici, c’est un peu une vie de famille. On est moins pris en charge qu’à l’hôpital, c’est plus ouvert, on est plus dans la vraie vie. J’ai fait beaucoup de progrès ici, en peu de temps, je vais beaucoup mieux ».



Biographie : « On dit qu’ils sont fous et je vis avec eux » écrit par Marie-Noëlle Besançon,
préface d’Albert Jacquard,
éditions de l’Atelier.

 

La Maison des Sources
10 rue de la Cassotte
25000 Besançon
Tél 03 81 88 90 30
www.lesinvitesaufestin.fr