30% (seulement ?) des créateurs d’entreprise sont en fait des créatrices. Il ne m’en fallait pas plus pour partir à la recherche de l’une d’entre elles. J’avais déjà en tête une intervenante tout indiquée. Mère, épouse et chef d’entreprise, elle me reçoit sur son lieu de travail, chez elle. Rencontre avec Hélène Jusselin, créatrice du Minizou !

Ingénieure agricole, puis journaliste, quand Hélène pose enfin ses valises à Grenoble, demandeuse d’emploi et enceinte de son 3e enfant, l’affaire semble compromise. Forcément, une grossesse ce n’est jamais bien facile à défendre devant un recruteur. C’était le bon moment pour se lancer et prendre son envol. Advienne que pourra, « Je n’avais rien à perdre » me dit-elle.

La machine est en marche, Hélène contacte une structure d’aide à la création d’entreprise. Être bien accompagnée est un élément majeur dans ce type de projet, à partir du moment où on prend le temps de bien préparer son dossier et d’anticiper certaines futures tâches à accomplir, tout roule (savoir élaborer une facture ou calculer les cotisations salariales, avant de se retrouver devant le fait accompli, ça rassure forcément). Bien sûr, il y aura toujours des obstacles à passer, des petits contretemps, la création n’est pas un long fleuve tranquille, « Il faut avoir une dose d’inconscience pour s’engager, mais on ne peut pas savoir avant », elle a raison, il ne faut pas avoir peur de foncer. Sa forte conviction dans le concept du Minizou et le plaisir qu’elle en retire sont les moteurs de son projet. Certes, pour le moment, Hélène ne se verse pas encore de salaire, mais ça viendra. De fait, le soutien et la confiance du conjoint et de la famille sont essentiels, « La forme et la santé aussi » rajoute Hélène ! C’est qu’il faut les assumer ces journées à rallonge, entre les tâches de la vie quotidienne, les enfants et le travail à domicile. Il faut savoir cloisonner son temps, « Dans ma tête, je vais au bureau… Les filles sont prévenues et ont compris, quand Maman travaille, il ne faut pas la déranger ».

« Le Minizou s’adresse aux parents et grands-parents soucieux d’organiser leurs loisirs avec leurs enfants (ou petits-enfants). C’est un gratuit tiré à 20 000 exemplaires et distribué dans les bibliothèques de l’agglo, cabinets de pédiatres, salles de spectacle jeune public, magasins de jouets, offices de tourisme, etc. » En un an et 5 numéros parus, le Minizou semble bien parti, les annonceurs prennent contact, le courrier des lecteurs arrive aussi. Les parents n’hésitent carrément plus à appeler directement pour demander conseil. Alors bien sûr, Hélène ne gagne pas encore sa vie avec son journal, mais ce n’est qu’une question de temps, elle a déjà plein d’autres projets en tête.
Ses conseils pour vous qui rêvez peut-être de devenir votre propre patron sans jamais oser vous lancer : « Il faut persévérer et ne pas avoir peur de rater. Se faire bien accompagner est primordial, ne pas hésiter à changer si ça ne convient pas ».

Le cinquième numéro du Minizou est sorti le 8 octobre 2008, gageons qu’il connaisse un succès plus grand encore que ces prédécesseurs.
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