Vendredi 10 mars 2017 au Musée de Grenoble, des représentants associatifs et institutionnels de France, d'Europe et d'Afrique, se sont réunis afin de partager leur expérience en matière de solidarité.

Venus du Burkina Faso, d'Allemagne, de l'Isère, les intervenants de la table ronde "Innover dans les solidarités : tous voisins… tous égaux ?" ont présenté leurs idées et actions pour améliorer la société. Au cours de cet échange organisé dans le cadre de la Biennale des Villes en Transition, le constat a été fait que la solidarité, certes, coûte cher, mais qu'elle peut avoir un impact fort et permettre aux personnes en difficulté de trouver leur place dans la société.

La solidarité Allemande

Pour Thomas Kufen, maire d'Essen en Allemagne, le processus d'insertion est long et coûteux, mais indispensable. La première étape : le logement. Ainsi, 70 millions d'euros ont été investis dans la construction d'habitations pour les 25 000 migrants accueillis dans cette ville allemande, de plus de 500 000 habitants. Le tissu associatif a apporté son soutien à cette volonté en essayant de réunir migrants et habitants à travers plusieurs événements. À terme, le maire d'Essen espère faire participer ces migrants à la vie de la cité, en s'inspirant de l'exemple des migrations passées : c'est à l'immigration qu'Essen doit son essor économique et industriel. Alain Denoyelle, adjoint au maire de Grenoble en charge de l'action sociale, revient sur cette intervention.

Changer les mentalités

Zarata Kaboré et Julienne Zoungrana du Planning Familial de Ouagadougou (Burkina Faso) sont venues exposer comment une action solidaire peut avoir un effet sur un pays. Leur but est de sensibiliser au droit des femmes et, petit à petit, faire changer les mentalités. Le travail de Zarata Kaboré et Julienne Zoungrana, formées au Planning Familial de Grenoble, consiste à informer les femmes et les hommes de leur pays sur la sexualité, les IST (Infections Sexuellement Transmissibles) et à la prévention du sexisme. Aujourd'hui, en partie grâce à leurs actions, les autorités Burkinabés condamnent les discriminations et ont enfin rendu criminel l'acte d'excision.

La solidarité pour l'insertion économique et sociale

En Isère, la solidarité se traduit aussi par l'aide au retour à l'emploi, comme les Nouveaux Jardins de la Solidarité de Moirans, structure d'insertion par l'activité économique présentée par sa directrice Carole Vinatier Samba. Cette association valorise l'insertion des précaires en leur donnant un emploi et un accompagnement personnalisé. Ainsi, certains peuvent retrouver du travail ou encore mettre un pied dans la vie active.

20170321 innoversolidarites INDe gauche à droite : Gérard Leclerc (animation), Carole Vinatier Samba (Jardins de la solidarité de Moirans), Julienne Zoungrana et Zarata Kaboré (Planning Familial Ouagadougou), Thomas Kufen (maire de Essen), Alain Vandenberghe (Collectif Roosevelt), Élisabeth Senegas (Chimère Citoyenne)


Réfléchir aux nouvelles solidarités

Certaines associations contribuent à ces efforts solidaires en réfléchissant sur les moyens d'encadrer effectivement les différentes initiatives. Ainsi, Élisabeth Senegas propose, dans son association La Chimère Citoyenne, des accompagnements différents de ceux offerts dans les parcours d'insertion classique. En privilégiant l'expérimentation et l'écoute des usagers eux-mêmes, elle est à l'origine de nombreuses initiatives. Dans cette même optique, le Collectif Roosevelt, représenté par Alain Vandenberghe, réfléchit à une panoplie d'autres solutions pour lutter contre la précarité, notamment sur les versants économiques et politiques.

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