C'est dans les entrepôts de Sassenage que nous avons rencontré Bernard Perry, Président de la Banque alimentaire de l'Isère en compagnie de ses collaborateurs pour la préparation d'une tournée de distribution alimentaire. Il nous a exposé son point de vue concernant la mise en sursis du PEAD (Programme européen d'aide aux plus démunis).

Quelles seraient pour vous les conséquences de la suppression du PEAD au niveau local ?

Aujourd'hui nous ne pouvons pas parler de suppression mais seulement de menace sur le plan européen. La semaine dernière a eu lieu un conseil des chefs d'Etat qui ont étudié le budget européen pour la période 2014-2020 et présenté un nouveau plan pour remplacer celui qui vient à échéance fin 2013. Le comissaire à l'emploi a proposé un budget de 350 millions d'euros par an pour l'aide alimentaire auquel il ajoute d'autres produits de première nécessité comme chausssures, vêtements, produits d'hygiène.

Comment sera réparti ce budget ?

A l'heure actuelle et jusqu'à fin 2013 nous sommes sur un budget de 500 millions d'euros uniquement pour de l'aide alimentaire. On s'aperçoit donc de l'importance de la diminution de l'aide pour les 21 pays concernés. Nous allons aussi passer à 28 pays pour ces 350 millions d'euros auquel il faudra rajouter d'autres produits complémentaires.

Quelles seraient les conséquences pour l'aide alimentaire ?

Il n'y aura pas de conclusion pour l'instant mais une reprise des discussions en début d'année prochaine. Par ailleurs le budget n'ayant pas même été discuté nous ne savons pas si ces 350 millions d'euros sont acquis. Si cela est le cas nous estimons qu'en 2014 nous aurons la moitié de ce que nous avons aujourd'hui. Il nous reste malgré tout toute l'année 2013 pour continuer à faire pression et sur les politiques, et sur les ministres, et sur les élus, et intervenir auprès de la presse en général pour continuer à dire que cela n'est pas suffisant.

Que représentera le manque à gagner  ?

Le manque à gagner représentera 15% de nos approvisionnements, soit un peu plus de 200 tonnes par an. Nous ferons le point à mi-2013. Si cela est nécessaire nous trouverons au niveau local des industriels agro-alimentaires et des commerces supplémentaires pour combler ce manque. Peut-être qu'au final nous n'arriverons pas à "équilibrer" et qu'effectivement nous distribuerons un peu moins mais aujourd'hui nous distribuons des quantités conséquentes et nous avons aussi un peu de marge.

Quels sont à votre avis les moyens de pression à votre disposition ?

Nous sommes quatre associations : Les restos du coeur, la Croix Rouge, le Secours populaire et les Banques alimentaires qui au niveau national intervenons auprès des ministères. Ministère de l'agriculture, ministère de la cohésion sociale, ministère des affaires européennes. Ensuite auprès de tous les députés européens par région, auprès de l'ensemble des parlementaires au niveau du département, auprès des maires des grandes villes du département et du conseil général. Dans la presse également : communiqués, interventions, courriers. The airfood project sur internet permet aussi de pétitionner et de soutenir notre action.

Banque Alimentaire de l'Isère
4 chemin de la Maladière
38360 Sassenage
Tél 04 76 85 92 50
Fax 04 76 85 92 51
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Horaires d'ouverture :

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de 8 h. à 17 h.

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