Difficile de ne pas faire le parallèle entre ces deux observations statistiques que l'INSEE a mis en ligne sur son site le 24 décembre 2013.

Stagnations et redressements

La première de ces notes indique une baisse du PIB ainsi que du pouvoir d'achat des Français au troisième trimestre. La deuxième, pour sa part, annonce que la consommation des ménages s'est « redressée » pour novembre 2013.

Ainsi, après une hausse symbolique de 0,5 %, le pouvoir d'achat des ménages a connu une baisse de 0,1 % sur les derniers mois de l'année 2013. En somme, l'augmentation des revenus ne compense pas la hausse des prix.

Il en sera probablement de même pour 2014, la réévaluation du SMIC comme du RSA ne faisant que pallier à la hausse annoncée de la TVA sur les produits « intermédiaires ». À noter toutefois que la TVA à taux réduit ne sera pas modifiée, demeurant à 5,5 % pour, par exemple, les produits alimentaires.

Ainsi, lorsque Michel-Édouard Leclerc tenta une opération de consommation houleuse en annonçant que ses grands magasins n'allaient pas répercuter la hausse de la TVA annoncée pour 2014, il oubliait de préciser qu'une grande majorité des produits qu'il vend ne seront pas concernés par cette hausse. Une tentative de coup d'éclat qui n'a, de fait, pas rencontré un grand succès. Depuis, l'entrepreneur a repris sa bataille pour le droit de vendre des médicaments dans ses rayons, plus profitable médiatiquement.

Le fond de l'air est frais

Suite à cette première note de l'INSEE, l'institut en publie donc une autre annonçant que la consommation des ménages a augmenté sur le mois de novembre 2013. Une hausse de 1,4 % qui n'a donc, pour le coup, rien de symbolique. Étonnant paradoxe que ces Français qui consomment plus lorsqu'ils gagnent moins.

Hélas, ceux qui considèrent que le « moral des ménages » doit s'indexer sur leur consommation ne pourront pas, dans le cas présent, se réjouir d'un optimisme retrouvé. Les Français ont plus consommé parce que les conditions climatiques les y ont forcés. Le rebond impressionnant de la consommation d'habillement (+ 3,4 %) comme celui des dépenses énergétiques (+ 7,5 %) ne sont que des conséquences des températures rigoureuses qui ont parcouru le pays durant ce mois d'hiver.

Les températures, peut-être un peu plus douces mais toujours hivernales, du mois de décembre aboutiront certainement à un même constat chiffré, sans compter les dépenses relatives aux fêtes de fin d'année (présents de Noël, réveillons, vacances...) qui constituent toujours un pic de consommation. Les premières estimations annoncent toutefois que les dépenses seront inférieures à celles des années précédentes, à l'exception de celles concernant les cadeaux pour les enfants.

Ainsi, alors que beaucoup veulent voir dans la consommation un indice de bonne santé psychologique d'une population, les études de l'INSEE nous ramènent à une réalité bien plus prosaïque : dans une situation difficile où chacun voit ses revenus stagner, les hausses ou baisses des chiffres dépendent avant tout de circonstances extérieures, et le « moral » n'a plus vraiment son mot à dire.

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