Comme reporté récemment dans Le Bon Plan, la Fondation Abbé Pierre organisait à Grenoble, à l'auditorium du Musée, une petite cérémonie sous forme de vœux pour la nouvelle année. Voeux de solidarité, essentiellement sur la question du logement, mais vœux aussi d'engagement, puisque, en cette période pré-électorale, les candidats aux prochaines éléctions municipales de Grenoble étaient invités à entendre les souhaits et les témoignages des mal-logés d'une part, mais aussi, d'autre part, à s'engager en signant un serment dans lequel ils promettent d'agir de leur mieux face au problème du logement.


Présence de différents acteurs, associatifs et politiques


L'occasion, pour Le Bon Plan, de tendre le micro aux participants de l'évenement, politiques ou mal-logés, concernés, de différents points de vue, finalement, par le même problème. Les mal-logés sont là pour s'exprimer, les politiques pour les entendre. Parmi les témoins des mal-logés, des représentants de diverses associations grenobloises. On peut rencontrer par exemple Richard Perez, de « Points d'eau » (photo ci-dessous), ou encore Jacques Deschamps de « Un Toit Pour Tous ». Ce dernier explique : « Je suis venu à cette cérémonie de vœux, parce que évidement Un Toit Pour Tous s'intéresse aux personnes à la rue et plus largement aux personnes dans le mal-logement. Les témoignages étaient intéressants, c'est toujours intéressant d'entendre des témoignages de personnes à la rue, parce que finalement on ne les cotoit pas si souvent que ça. ». On peut croiser aussi deux représentantes du « Local des femmes », Messaouda et Isabelle, venues prendre la parole au micro. Messaouda témoigne : « Je fais partie de l'association 'Femmes SDF' et j'avais des choses à dire sur le mal-logement ». Isabelle ajoute : « Je suis concerné en plein en ce moment puisque j'ai un logement transitoire qui normalement devait durer six mois, et ça fait deux ans que ça dure. ».

ABparticipant2Pour les écouter, des candidats aux éléctions municipales qui témoignent eux aussi, et qui se sentent concernés. Jérôme Safar, candidat socialiste aux prochaines éléctions, explique :  « Si je suis ici c'est que je réponds à une invitation qui a été faîte clairement par la Fondation Abbé Pierre, aux candidats divers aux éléctions municipales de Grenoble, pour sensibiliser les élus, pour ceux qui ne le sont pas mais qui aspirent à l'être, au problème du mal-logement. On est dans une ville où la question de la construction est un sujet sensible, je le rappelle parce que je suis aussi un élu sortant. Je suis intéressé de voir que certains ont signé l'engagement, quand ils s'opposent par ailleurs à la construction de logements. ». Phillipe de Longevialle, élu à la Ville de Grenoble et candidat MODEM, explique encore : « Je suis candidat de la liste ''Imagine Grenoble'', et je suis venu ici pour écouter ce que la Fondation Abbé Pierre avait à dire sur le mal-logement et surtout pour écouter ce que les mal-logés eux-mêmes avaient à dire sur la question du mal-logement. Je suis en charge de l'urbanisme à la Ville de Grenoble, donc je sais que les efforts pour construire de nouveaux logements accessibles à toutes les catégories de populations constituent un effort important, qui est en parti fait mais qui reste en grande partie à faire, et je suis venu aussi témoigner de mon engagement en faveur des mal-logés. ».


De futurs élus clairement conscients du problème du mal-logement


L'inviation faîte, par la Fondation Abbé Pierre, aux candidats, n'est donc pas vaine, puisque ceux-ci en ont retiré un enseignement. Pour Jérôme Safar il s'agit avant tout de ne pas baisser les bras. « Je crois que qu'aujourd'hui la Fondation Abbé Pierre voulait montrer ce qui n'est plus montré ou qui est moins montré. On entend beaucoup de choses dans les quartiers sur ces personnes qui ont des problématiques de logements, sur les SDF, sur d'autres, donc je pense que c'est des sujets dont il faut qu'on se saisisse, qu'on traite déjà mais sans doute insuffisamment. Je pense que Grenoble est loin d'être en reste sur ces politiques là. ». Phillipe de Longevialle, lui, conclut à une exigence de solidarité. « Je pense que tout le monde est sensible à la question du mal-logement, en tous cas tout le monde devrait l'être, et particulièrement les élus. Parce que je sais que les difficultés dans la vie, ça peut arriver à n'importe quel moment de son existence. On se croit souvent à l'abri de ce type de choses, en réalité on ne l'est pas. Les ruptures quand elles arrivent, eh bien on est désarmés, on est contents de savoir qu'il y a des gens, des associations comme la Fondation, ou d'autres associations qui étaient présentes aujourd'hui et puis les collectivités publiques qui sont là pour nous aider à redémarrer dans la vie. Toutes ces actions sont destinées à permettre aux gens de retrouver leur dignité, de se reconstruire et redémarrer une vie nouvelle. ».  

Une soirée instructive, donc, pour les candidats, interessés par le témoignage des exclus et des associations. Jérôme Safar conclut : « D'abord, ce qui s'est exprimé, c'est souvent une colère, une interpellation. Il faut le prendre comme tel, et après il faut regarder comment on peut être en soutien aux associations qui oeuvrent sur le terrain, les institutions. Il y a des choses qui se sont faîtes à Grenoble en la matière, qui sont très intéressantes, il faut amplifier ce qui s'est fait, et faire savoir aussi ce qui s'est déjà fait. ». Pour Phillipe de Longevialle, la conclusion est la suivante : « C'était très intéressant parce que c'était essentiellement du vécu. Qui peut mieux parler du mal-logement que les gens qui ont vécu des ruptures et des situations très difficiles ? Je pense que c'est important que les gens le disent avec leurs propres mots, qu'ils témoignent de la souffrance qui a été la leur et qui est peut-être encore la leurs aujourd'hui. Et cette souffrance elle doit être prise en compte par l'ensemble des acteurs à la fois politiques, sociaux et associatifs. ».

Deux choses sont donc sûres : nos élus, ou futurs élus, sont conscient des problèmes de la précarité et du mal-logement, et les associations, elles, ne lâcheront pas l'affaire. Il faudra bien, il est vrai, la collaboration de tous les partenaires, pour, sinon de venir à bout du problème, au moins l'enrayer de manière progressive et durable.

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