Tandis qu'à Meylan, la Maison des Initiatives et de l'Emploi (MIE) œuvre à l'accompagnement des demandeurs d'emploi, ce sont ses salariés qui craignent aujourd'hui de perdre le leur.

Le dépôt de bilan

Confronté à des problèmes de trésorerie dus, entre autre, à des versements de subventions tardifs, le Conseil d'Administration de la MIE MIFE Est Isère a déposé une cessation de paiement et une demande de redressement, qui sera étudiée par le Tribunal de Grande Instance de Grenoble ce vendredi 13 juin.

« On ne sait pas trop sur quel pied danser », nous dit Véronique Brot, représentante du personnel. « Le jour où le président est venu nous annoncer que le CA allait faire un dépôt de cessation de paiement, il nous a dit qu'il y allait avoir liquidation. Puis, une fois revenu du Tribunal, le directeur nous a dit que, finalement, un redressement avait été demandé... » Des imprécisions ou des contradictions qui ne sont pas pour rassurer les salariés, pour la plupart très inquiets.

La situation est-elle pourtant aussi grave ? À ce jour, les comptes de la MIE sont de nouveau dans le positif, des subventions importantes ayant été versées dès l'annonce de la cessation de paiement. Les perspectives 2014 ne semblent pas non plus présenter de difficultés, « sauf si les communes disent carrément qu'elles ne veulent plus subventionner ! » L'annonce d'une liquidation serait donc très surprenante, mais le passage devant le Tribunal de Grande Instance n'en met pas moins en lumière les contraintes budgétaires, sinon les réticences, de certains financeurs.

Le bilan du dépôt

Face à ces questions, les salariés ont des propositions à adresser à leur Conseil d'Administration. Parmi les pistes évoquées : garder la structure sous la même forme, avec le recours aux temps partiels, voire à un plan social en tablant sur des départs volontaires. « Il suffirait de pas grand-chose pour que cela fonctionne », nous confie encore Véronique Brot.

La perspective d'une fermeture, dans le climat actuel de chômage important, a de quoi faire grincer des dents, et les commentaires élogieux laissés par les internautes signataires de la pétition mise en ligne par les salariés de la MIE en dit long sur la valeur et la qualité de cette structure et de ses employés.

Des employés qui proposent et sont prêts à bien des efforts difficiles pour assurer la survie de la MIE autant que celle de leurs emplois, mais ne cachent pas non plus un certain agacement : « On nous caresse tout le temps dans le sens du poil. À chaque assemblée générale on nous dit que notre travail est parfait. Les partenaires aussi nous envoient des messages de soutien... Alors il faut que cela bouge : il ne suffit pas de dire ! »

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