La Patate Chaude est un collectif grenoblois d’actions fortes sur le terrain, qui lutte aux côtés des Roms pour que leurs droits élémentaires (logement, scolarisation…) soient respectés.

Ce collectif a vu le jour aux lendemains du fameux discours de Sarkozy à Grenoble en 2010. Discours qui a provoqué l’indignation des Grenoblois, mais aussi et surtout du tissu associatif et politique de la Métropole. En effet, c’était dans un climat pour le moins tendu et violent que Sarkozy, alors Président de la République Française, s’était déplacé et était intervenu. Il annonça dès lors sa volonté d’élargir les motifs de déchéance de la nationalité et de démanteler les campements de Roms de l’agglomération grenobloise. Un discours résolument centré autour de l’immigration.

La vague d’expulsions de Roms (sans proposition de relogement derrière), a donné suite à la naissance de la Patate Chaude, dont le nom vient de la propension des institutions publiques à se renvoyer entre elles la responsabilité de la misère que vivent certain-e-s dans la société française.

Ce collectif se veut un groupe multiculturel de pressions, de revendications et d’actions politiques. Ses buts sont de rappeler les pouvoirs publics à leurs obligations de respect de l’accès au droit commun : scolarisation, logement, santé, travail et aides sociales.

La Patate Chaude, qui s’inscrit délibérément dans une dimension non-institutionnelle, agit aux côtés d’organisations associatives, syndicales et politiques, notamment avec le CISEM (Coordination Iséroise de Solidarité avec les Etrangers Migrants) et la CIP (Coordination Intermittents et Précaires de l’Isère). Le collectif se réclame dans des actions revendicatives de terrains de par un accompagnement social et juridique des populations Roms et ses efforts de médiatisation de certaines actions entreprises (comme l’occupation d’une maison de l’Etablissement Public Foncier Local) pour en faire des affaires publiques sur la place de Grenoble.

Parmi les actions entreprises par le collectif, une opposition à la demande de l’ancien Préfet de l’Isère Richard Samuel, qui avait demandé au Tribunal Administratif d’ordonner l’expulsion immédiate des occupant-e-s d’un ancien centre d’hébergement situé à Grenoble. Demande qui fut refusé en jugement par ledit Tribunal Administratif.
La Patate Chaude organise entre autres des manifestations (marche de la colère et de la dignité du 25 avril 2014), des rencontres-discussions (« travailleurs sociaux et militants face au droit au logement des migrants » du 24 juin 2014 à Grenoble en coordination avec la CISEM), et enfin des courriers explicatifs (traduits en roumain, serbe et arabe) aux mal-logés des centres d’hébergement afin qu’ils en sachent plus sur leurs droits.

Somme toute un travail de fond d’actions concrètes, militantes et revendicatives dans la lutte contre le mal-logement et le déni au droit de logement des autorités françaises. Ce que le collectif explicite : « Nous condamnons le fait que l’État transfère ses compétences et responsabilités aux collectivités territoriales sans budget pour les gérer, et nous nous battrons contre les politiques d’austérité qui ne font qu’accroître la misère. Contre votre politique de chiffres, nous défendrons les personnes. »

Vous pouvez suivre l’actualité de la Patate Chaude sur https://collectif16septembre.wordpress.com/

Face à toutes ces revendications pour le moins légitimes de ces collectifs et associations, la question suivante se pose : comment la sixième puissance mondiale en est arrivée à avoir besoin de tels lanceurs d’alerte dans le non-respect des droits les plus fondamentaux d’une partie grandissante de sa population ?

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