Nos fidèles visiteurs auront constaté que le Bon Plan a changé de présentation. Une nouvelle mouture qui ne s'est pas faite sans de multiples péripéties dont voici le récit, à peine romancé.

En escadrilles

Nous étions confiants : nos infographistes avaient travaillé d'arrache-pied à la nouvelle charte du Bon Plan, et notre webmestre attitré en testait la nouvelle version depuis plusieurs semaines sur son ordinateur.

La date était fixée : le lundi 3 novembre, le site passait en mode « maintenance » pour une durée de trois à cinq jours. Mais il est rare que les choses se passent comme prévu. Dès lundi matin, les ennuis commencent. Le site tel que nous voulions mettre en ligne n'est pas compatible avec la version actuelle de notre hébergeur. Une mise à jour ? Trop long. Revenir en arrière ? Inenvisageable.

Tout avait été testé en local et fonctionnait parfaitement, aussi ne pensions-nous sincèrement pas, en prenant le parti de faire évoluer notre design en ligne, que la tâche reviendrait à dépecer un ours encore vivant. Notre webmestre David bataille ferme. Dans l'après-midi une solution se dessine : le nouveau site peut s'adapter à la version de notre hébergeur. Il suffit pour cela de savoir rentrer des carrés dans des ronds, nous explique David. Et la chance veut qu'il peut le faire !

Le retard pris n'arrange évidemment pas nos affaires. Le transfert de contenu, étape obligatoire et essentielle, s'accompagne de bugs surgissant par vagues successives et scélérates. David est sur le pont. Il peste. Pendant plusieurs heures, le site refuse tout simplement de s'afficher, indiquant une erreur de connexion d'une inutilité confondante. Bagarre dans le code : lignes après lignes, il faut traquer le petit détail qui produit la grande catastrophe. En fin de journée, soupir de soulagement, le site répond de nouveau. Mais le crépuscule approche à grands pas.

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L'ours était toujours vivant

Mercredi, les travaux du chantier qui se déroule à côté de nos locaux nous privent d'électricité, et donc d'ordinateur, une bonne partie de la matinée. « Ça tombe bien : ce n'est pas comme si nous avions beaucoup de choses à faire ! » pensons-nous avec philosophie, avant de prendre le parti de ranger les étagères de nos locaux. Et de lire également, à la lumière du jour. Car, contrairement à beaucoup, nous pouvons nous vanter de vraiment faire la lecture des ouvrages dont nous proposons des critiques.

Jeudi matin, les affaires reprennent, les bugs aussi. Passablement excédé, David commence à user d'un vocabulaire qui ferait rougir de chastes oreilles. Les progrès sont toutefois remarquables : le site est accessible pour les rédacteurs, qui peuvent procéder à divers ajustements et tester ses nouvelles fonctionnalités, ainsi que les soucis techniques dont elles souffrent encore. Mise en page, format des images, tout est à redéfinir et tout se redéfinit.

L'après-midi, nos écrans affichent les uns après les autres de surprenantes erreurs 404. Est-ce le site qui fait de nouveau des siennes ? Non : c'est notre connexion web qui a rendu l'âme. Nous attendons. Nous éteignons et rallumons la box. Nous attendons encore. Nous appelons notre FAI, qui nous demande d'attendre. Puis nous informe, en fin de compte, que notre connexion est en panne. C'était donc ça !

Pas d'Internet avant le week-end, suite à la malheureuse manœuvre d'une entreprise de travaux publics. Pour mieux nous faire patienter, notre FAI au délicieux nom coloré nous envoie par sms un lien pour suivre l'avancement de notre dossier, ce qui semble naturellement la meilleure chose à faire pour des clients dont l'internet ne répond plus. Une certaine incrédulité se répand dans l'équipe : simple malchance, conjonction astrale défavorable, malédiction vaudoue ? Je commence alors la rédaction de ce texte, en guise d'exorcisme.

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Le bout du tunnel

Lundi, nous arrivons au bout de nos peines. David finalise les derniers ajustements et corrige les bugs les uns après les autres, tout en sachant qu'il en restera toujours un ou deux tapis dans l'ombre, prêts à surgir au détour d'une pages ou d'un lien HTML. Notre nouvelle interface nécessitera une dernière mise au point avec toute l'équipe, que nous programmons mardi matin. À la suite de quoi, ainsi que vous le savez en lisant cet article, Le Bon Plan sera de nouveau en ligne.

Cela n'aura pas été sans mal et nous nous amusons encore, non sans incrédulité, de toutes les avanies qui sont venues nous compliquer la tache. Nous ne pouvons que nous excuser auprès de nos lecteurs pour cette longue interruption de nos services, les remercier pour leur fidélité, et leur assurer que notre nouvelle mouture ne change en rien ni l'esprit, ni les missions du Bon Plan.

Des missions qui, depuis vingt ans, sur papier d'abord puis sur la Toile, restent inchangées : informer le public sur ses droits, décrypter l'actualité sociale dans sa globalité, défendre et relayer la parole des précaires et de tous ceux qui les accompagnent. Plus que jamais, Le Bon Plan reste et restera le réseau de l'info solidaire.

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