Adnane Benbouteldja est responsable du développement de la Régie de quartier Villeneuve Village Olympique. Avant tout, c'est un homme qui a gardé la foi en l'humain et travaille - chaque jour - à recréer des solidarités.

Énergique et chaleureux, Adnane Benbouteldja a l'accent méditerranéen chantant et la bonne humeur communicative. Philosophe du quotidien, il a l'art de tourner en dérision les difficultés de la vie pour les adoucir. Cet homme pour qui « l'être humain ressemble à la lune, chacun a sa part d'ombre » a choisi depuis longtemps la tolérance.


Une famille mélangée

Français d'origine kabyle, Adnane Benbouteldja grandit à Alger dans une famille mélangée. Enfant puis adolescent, il séjourne régulièrement en France pendant les vacances. En 2000, il quitte l'Algérie en quête d'une vie plus paisible. De 2000 à 2003, il va naviguer entre Paris, Alger et Grenoble où il s'installe définitivement en 2003 : « Je voulais vivre dans un coin tranquille. J'ai adoré la ville, les montagnes, et l'accueil des habitants : ici, les gens sont souriants. »


L' arrivée à la Régie

Ses études ne sont pas reconnues en France. Le jeune homme repart donc à zéro et « postule un peu partout : des musées à Schneider en passant par les collectivités... ». Les réponses sont négatives à l'exception de la Régie de Quartier Villeneuve Village Olympique qui lui propose un poste d'agent d'immeuble. S'il ne s'était jamais imaginé « faire le ménage », il pose rapidement un regard positif sur ce métier : « Il n'y a pas de honte à faire un travail, l'essentiel, c'est de gagner de l'argent qui n'est pas sale. Et ce que tu fais est visible, tu vois que tu participes à améliorer la vie des habitants ».


L'âme d'un coach

Le nouvel arrivant s'implique dans la vie associative et la vie du quartier. Son investissement paye : il devient chef d'équipe, chef de service puis responsable du développement de la Régie de quartier. S'il n'est plus en permanence sur le terrain avec les salariés (Il doit notamment trouver des missions auprès des partenaires), il continue à coacher les équipes et s'adapter à chacun : « Aux jeunes, j'essaie d'abord de transmettre l'envie de travailler. Et je leur parle d'adulte à adulte. Ils ont beaucoup de potentiel – il faut parfois juste faire un pas de côté pour essayer de les comprendre avant de les juger ». Avec les « anciens » de la Régie, il évoque le respect mutuel : « Je ne donne jamais d'ordres, je propose : « aujourd'hui, on a ces deux chantiers – Les gars, vous préférez lequel ? » 


Valoriser et encourager

Pour tous, il a la volonté de valoriser et d'encourager : « Je cherche ce qui est bon chez les gens, je cherche la petite graine et j'essaie de l'arroser, lui mettre un peu de soleil ». Quand un salarié quitte le chantier d'insertion pour un emploi dans le circuit traditionnel, même quand un autre arrête de fumer – à chaque fois, ce sont des petites victoires, de celles qui donnent du sens au quotidien : « Un ancien SDF, on l'avait aidé à trouver un appartement - aujourd'hui, il est marié, a deux enfants, travaille en CDI à Actis : c'est une fierté – c'est réconfortant : tu sens que tu sers à améliorer les choses autrement, à ta façon. »

A la frontière entre réinsertion professionnelle et sociale, Adnane Benbouteldja joue à la fois le rôle d'un coordinateur technique et d'un éducateur – un éduc' au grand cœur – qui n'a pas sa langue dans sa poche, mais qui l'utilise toujours pour recréer du lien : « Que ce soit en paroles ou en gestes, on peut démolir quelqu'un avec un mot. Je ne veux pas être la personne qui démolit, je veux être celle qui construit » conclut-il avec un large sourire.

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