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Après quatre années au RSA, Thierry Mignot travaille aujourd’hui en intérim, avant de reprendre très prochainement le développement de son entreprise.

Après quatre années au RSA, Thierry Mignot travaille aujourd’hui en intérim pour l'entreprise Aoste. Depuis décembre, il assure ainsi sa situation financière en attendant de pouvoir continuer à développer son entreprise. Stoppé par la crise sanitaire, il reprendra la prospection des bureaux de tabac dès la réouverture des cafés. Son objectif: y installer des écrans destinés à promouvoir les commerces locaux. Il nous raconte son parcours.

Bonjour Thierry, pouvez-vous nous expliquer ce qui vous a amené à bénéficier du RSA ?
En réalité, cela a commencé par un divorce qui s'est très mal passé. Cette situation familiale difficile a eu un impact sur ma vie professionnelle. Après plus de six mois sans revenu, je me suis inscrit au RSA.

Pendant combien de temps en avez-vous bénéficié et comment l'avez-vous vécu ?
J'ai bénéficié du RSA pendant quatre ans. Cela a été très dur. Dans ma carrière professionnelle, j'ai eu des postes à responsabilité, j'ai aussi créé deux entreprises. J'ai toujours été quelqu'un d'actif, alors me retrouver dans une situation de dépendance financière était extrêmement difficile pour moi.
A presque 60 ans, j'avais conscience que mon âge serait un frein pour trouver un emploi. Je devais donc réfléchir à une alternative. A cette époque, je vivais dans ma voiture. Cela a duré un an et demi. Malgré ces conditions peu confortables, j'ai commencé à créer mon entreprise dans la communication.

Avez-vous eu des moments de découragement pendant ces quatre années ?
Oui j'ai eu beaucoup de doutes, d'autant plus que je suis bientôt à l’âge de la retraite. Les aléas de la vie, comme par exemple une voiture qui tombe en panne, prennent une toute autre ampleur quand vous êtes dans une situation très précaire. Ainsi les problèmes se cumulaient. Parfois je me demandais comment j'allais faire, mais je ne me suis pour autant jamais laissé aller. Je me suis toujours accroché, pour moi et ma famille.

Comment avez-vous été accompagné pendant votre parcours ?
J'ai d'abord été accompagné par une structure d'accompagnement à la création d'entreprise, à Bourgoin Jallieu. Ma conseillère m'a aidé à obtenir les droits à la CMU-C, la Complémentaire Santé Solidaire. Elle m'a aussi soutenu dans les démarches de recherche de logement. En parallèle j’ai sollicité mon réseau, ce qui a accéléré le processus et m'a permis d'obtenir rapidement un appartement. En déménageant j’ai changé de zone géographique et j'ai ensuite été suivi par la structure Crescendo.

Où en est aujourd'hui votre projet d'entreprise ?
Depuis la crise sanitaire, l'activité de ma société est en suspens car elle est directement liée à l'activité des commerçants. J'installe des écrans de télévision dans les bureaux de tabac pour permettre aux commerces locaux de faire leur publicité. Je suis donc contraint d'attendre, d'une part la réouverture des bars et restaurants, mais d'autre part que les commerçants retrouvent une visibilité, qu'ils puissent se projeter dans le futur. Dans le contexte actuel, ils ne sont pas dans une logique d'investissement dans la communication, ce qui est logique.

En attendant, vous travaillez donc en intérim chez Aoste. Comment avez-vous trouvé cette mission ?
En fin d'année, voyant que la situation sanitaire n'allait pas se débloquer tout de suite, j'ai contacté des agences d'intérim. Je voulais vraiment sortir du RSA. C'est ainsi que j'ai rejoint les équipes d'Aoste.

Quelles qualités vous ont permis de rebondir ?
Le fait de croire en moi et en l'autre, de toujours aller de l'avant et de prendre mes responsabilités. Quand je suis bloqué dans ma vie, je réfléchis à ce que je peux concevoir, faire différemment. Je crois que l'être humain est toujours capable de créer.

Quel serait votre message pour encourager des personnes actuellement au RSA  ?
Je pense qu'il est important de se considérer soi-même, tout comme il est important de considérer son voisin. Nous avons tous un rôle à jouer dans la société. Alors je leur dirais ceci : « Croyez en vous, en ce que vous faites, et en ce que vous voulez faire ! ».