Peu à peu, l’attention médiatique sur ce qui se passe en Libye baisse d’intensité selon la loi immuable de l’actualité routinière. C’est pourquoi l’article du Corriere della Serra – repris par Courrier International – est salutaire. On y apprend notamment que de grandes multinationales refusent de se conformer au gel des avoirs de Kadhafi exigé par l’ONU. « Des États-Unis à l’Allemagne en passant par l’Italie, la France et la Grande-Bretagne, précise le journal,  les fonds souverains libyens possèdent des parts dans de grands groupes qui se sont, pour la plupart, bien gardés de le faire savoir (…)La Libye a ainsi investi dans des groupes sensibles du CAC 40, comme Alcatel Lucent (communication et défense), Lagardère (presse, télévision, mais également défense et aérospatial à travers ses 7,5 % de parts dans le groupe européen EADS), ainsi qu’EDF, Vinci et BNP Paribas. On sait en outre depuis peu que la Libye est également actionnaire de Siemens (Allemagne), Repsol (Espagne) et Nestlé (Suisse).»

On en oublierait presque qu’une guerre est toujours en cours en Afghanistan. A ce sujet, Libération nous rappelle que « l'année 2010 a été la plus meurtrière pour les civils en neuf ans de guerre entre les talibans et les forces internationales et nationales en Afghanistan, avec près de 2.800 morts, tués pour les trois quarts par les insurgés : un chiffre qui illustre que, malgré les affirmations des responsables militaires et des gouvernements de la coalition internationale, l'insurrection des talibans s'intensifie, et même gagne du terrain ces dernières années, avec des actions de guérilla bien au-delà de ses bastions traditionnels du sud et de l'est ». En comparaison, la coalition des forces internationales a perdu 700 soldats…

Quant à la Tunisie, là encore, son cas est de moins en moins évoqué dans les médias traditionnels français, alors que les sujets d’inquiétude ne manquent pas. Un reportage du Figaro nous relate ainsi le réveil des islamistes tunisiens à travers la légalisation du parti Ennahda (Renaissance) : « dimanche dernier, quelques centaines de sympathisants se sont rassemblés dans la salle des fêtes du quartier Ezzahra, dans la banlieue sud de Tunis, pour assister à la première manifestation publique du parti islamiste. Un concert de musique traditionnelle, les discours des caciques du parti et quelques invités de marque tel qu'Ali Ben Romdhane, secrétaire général du puissant syndicat UGTT et proche, dit-on, d'Ennahda. Les femmes voilées d'un côté, les hommes de l'autre ». Les prochaines élections sont prévues au mois de juillet et les islamistes veulent polir leur image : « je sais que nous faisons peur, reconnaît Hajmi Lourimi, un des membres du parti. Pourtant, nous n'avons rien de commun avec les talibans et leur interprétation obscurantiste du Coran. Nous voulons prouver que l'islam n'est pas incompatible avec la démocratie et la modernité

La peur de tous ces bouleversements est en tout cas un sentiment partagé dans notre bon vieil hexagone. En France, le dérapage de la semaine est à mettre au crédit de la député UMP Chantal Brunel. Mardi, cette dernière avait déclarée : « Il faut rassurer les Français sur toutes les migrations de populations qui viendraient de la Méditerranée. Après tout remettons-les dans les bateaux ! ». Des propos désavoués par le Premier ministre François Fillon, nous rapporte L’Express, et qui embarrassent le parti de la majorité, en pleine ascension de Marine Le Pen…

En parlant de bateaux, la France est par ailleurs attaquée par des pirates. On pouvait lire lundi dans Les Echos que « le ministère des Finances avait été la cible ces derniers mois d'une vaste cyber-attaque conduite par des «professionnels déterminés et organisés», vraisemblablement parvenus à s'emparer d'éléments ultra-sensibles de la présidence française du G20 (…) Selon Patrick Pailloux, directeur général de l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (Anssi), il s'agit de «l'une des plus importantes attaques sinon de la plus importante ayant jamais visé l'administration» française. Les pirates, a-t-il expliqué à l'AFP, «ont pris le contrôle de 150 ordinateurs des services centraux de Bercy pendant plusieurs semaines» dont ceux de «patrons de l'administration» ce qui leur a certainement permis d'accéder à des «informations sensibles».  L'Elysée et le Quai d'Orsay ont également « ciblés, mais pas touchés », a précisé lundi soir l‘Anssi ».

Il est un sujet qui reste toujours sensible trente-six ans après l’adoption de la loi Veil, c’est le droit à l’interruption volontaire de grossesse. Une conférence était organisée lundi dernier à Paris cette semaine et Le Figaro revient sur les principaux sujets évoqués au cours de cette rencontre. Le professeur Israël Nisand, gynécologue obstétricien du CHU de Strasbourg, plaide notamment « pour une meilleure politique de prévention auprès des plus jeunes. 237.000 IVG ont en effet été réalisées en France en 2009 et, précise le gynécologue, selon les derniers chiffres, les IVG sont en hausse chez les femmes de moins de 25 ans. Environ 15.000 sont pratiqués tous les ans sur des mineures ». Un chiffre qui pourrait être réduit de moitié selon le professeur : « en France, souligne-t-il, cet acte est anonyme et gratuit, tandis que l'accès à la pilule contraceptive ne l'est pas. Nous préférons faire des IVG confidentielles plutôt que proposer une contraception confidentielle. C'est une honte ! »

La Corée du Sud connaît elle d’autres problèmes de taille. Et surtout de poids. C’est dans Ouest-France que l’on trouve cette histoire édifiante : « une entreprise sud-coréenne, qui pénalisait ses employés incapables de perdre du poids, a été condamnée pour discrimination ». Et l’article de nous décrire le parcours de cet ingénieur de 31 ans, qui avait du quitter son emploi au bout de trois mois : « aussitôt après son embauche, cet homme avait été désigné parmi un groupe de cinq employés obèses contraints de suivre un programme d’amaigrissement par des exercices sportifs, sous le contrôle de leurs chefs de service ».

Enfin, avant de partir en week-end, deux petits conseils si vous êtes de fieffés utilisateurs de Facebook. Tout d’abord, ne sombrez pas dans le ridicule et ne faîtes pas comme le fondateur du plus célèbre réseau social, Mark Zuckerberg, qui a créé une page facebook pour Beast, son chien, nous informe le site internet des Inrocks.

Second conseil, si vous êtes en couple, ne passez pas trop de temps devant votre ordinateur à regarder tous les profils. En effet, selon une étude américaine (repris par le site Zigonet), l’utilisation de Facebook est citée dans un cas de divorce sur cinq. « Pour le psychologue Steven Kimmons, souligne l’article, le réseau social facilite les retrouvailles entre d'anciens amis ou des ex. Seulement, les conversations peuvent rapidement devenir plus intimes. Il explique ainsi: "Au bout de quelques temps, ils partagent des conversations personnelles qui augmentent leur degré d’intimité, et peut les amener à avoir des contacts physiques.  Je ne pense pas qu’ils soient, en général, le type de personne à tromper leur conjoint. C’est surtout de la curiosité." Ah le vingt-et-unième siècle !

 

Illustrations: Nolwenn Tizzotti
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