Une rencontre humaine a été déterminante dans les engagements professionnels de Philippe Serrano. En 1989, il fait la connaissance de Bernard Faure, directeur d’un foyer de jeunes travailleurs (FJT) de Grenoble, Le Taillefer. Le contexte de la rencontre est celui d’un entretien d’embauche pour un poste d’animateur dans ce FJT.
Alors qu’il était a priori peu intéressé par cette offre d’emploi, il va être recruté pour des activités qui entrent en résonance avec ce qui le mobilise personnellement et il devient le proche collaborateur de Bernard Faure, avec lequel il se découvre une passion commune, celle des sports de montagne. Philippe Serrano est embauché comme animateur, mais il est surtout missionné pour monter des projets dans les domaines de l’emploi et de la formation. Il ne va dès lors plus cesser d’élaborer des actions, de fonder des organismes, d’imaginer des événements avec une même philosophie solidaire : aider des personnes fragilisées en ciblant leur insertion par une activité économique qui fasse humainement sens.

En 1989, Philippe Serrano est dans une phase de réorientation professionnelle. Auparavant, après une formation de dessinateur industriel et une brève expérience professionnelle dans ce domaine, il a été trois ans instituteur spécialisé. Il a été aussi actif dans la fédération Léo-Lagrange, comme militant et salarié. Ce mouvement d’éducation populaire a une approche éducative du sport et promeut la justice sociale et la démocratie participative. Philippe Serrano a pu y déployer sa vitalité communicative et son attention aux autres.

En intégrant en 1989 comme chargé de mission le foyer de jeunes travailleurs (FJT) Le Taillefer, Philippe Serrano devient salarié de l’Association pour le logement des jeunes en Isère (ALJI) – devenue l’union mutualiste pour l’habitat et l’insertion des jeunes (UMIJ) en 1998 – qui regroupe une dizaine de FJT en Isère et qui s’occupe de l’insertion des jeunes par le logement. Les activités qu’il commence à mettre en place visent elles plus largement une meilleure intégration sociale et professionnelle des jeunes et des adultes à travers l’enjeu de l’emploi. Cela aboutit en 1992 (il y a 20 ans aussi) à la fondation d’Impact, un service de l’ALJI. Philippe Serrano en prend la responsabilité. Impact s’installe au rez-de-chaussée et dans l’entresol, côté patio, de l’immeuble alors tout juste rénové d’un des FJT grenoblois de l’ALJI, L’Obiou.

Au départ et pendant une quinzaine d’années, Impact a comporté deux activités phare : un restaurant d’application, …La Cordée, et un centre de ressources multimédia (CRM). À partir du printemps 1994, un troisième pôle d’activité, encore naissant, est rattaché à Impact et s’installe dans l’ancien logement du gardien du FJT, à l’entrée du jardin. Créé en 1992 à Eybens à l’initiative du conseil général de l’Isère, le journal Le Bon Plan, réalisé par et pour les bénéficiaires du RMI, est repris par Impact après la disparition de l’entreprise d’insertion dont il dépendait jusque-là.

Un restaurant, les ateliers d’informatique du CRM et un journal ! Mais aussi un atelier de recherche d’emploi en lien avec la Mission locale de Grenoble, des actions de formation professionnelle dans le cadre d’une plateforme régionale Alpes-Dauphiné, l’hébergement de quelques créations d’entreprises par d’anciens salariés.
De la fin des années 1990 au milieu des années 2000, le caractère composite d’Impact peut surprendre. Mais ce sont tous des lieux conviviaux où des personnes en situation précaire viennent passer quelques heures, quelques mois, parfois plusieurs années. Il est proposé à ces personnes des activités formatrices et un emploi avec un contrat de travail ; il leur est confié des responsabilités, aussi éloignées étaient-elles alors du marché du travail, aussi inemployables semblaient-elles.

 

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